Les retrouvailles avec l'Europe !

     Ça y est c’est officiel, nous avons fait le tour de la Terre ! Enfin presque, nous ne sommes pas encore à Paris mais nous sommes de retour en Europe ! On l’a attendu, on en a rêvé et beaucoup parlé et c’est arrivé ! En ce lundi 3 juin, nous atterrissons à l’aéroport d’Helsinki, Helsinki, qui est la capitale de… ? Pour ceux qui confondent tout le temps, petit récapitulatif mémo-technique : Oslo est en NOrvège, Stockholm est en Suède et HelsINki est en FINlande. Facile ! Alors on veut plus entendre de trucs du genre : Helsinki ? Ah ouai vous rentrez par la Norvège, ça va être cool ! Et puis les pauvres Scandinaves, il faut se mettre à leur place, c’est comme si les gens disaient que Paris, Rome et Londres sont du même acabit, ça nous ferait quand même pas trop plaisir à nous ! Bon mais rassurez-vous, nous, quelques semaines avant de prendre l’avion, on ne savait pas bien non plus où l’on aller atterrir. Bref, nous arrivons donc à l’aéroport d’Helsinki à 23h après une quinzaine d’heures de voyage et une escale à Oslo. Je vous embrouille là non… ? Non mais c’est parce que notre compagnie aérienne c’était Norwegian, du coup c’est normal. Si ça avait été Finnair, ça aurait été direct… Bon j’arrête d’essayer de vous embrouiller, ce n’est pas sympa, et puis j’aimerais bien que vous alliez au bout de l’article… 

Alex fait ses provisions pour le voyage en Avion (dernier contact avec Seven Eleven)


Vincent Alias Neymar et son pote Footix à l'aéroport de Bangkok
     Quoi qu’il en soit, il s’agissait de notre dernier vol. A ce sujet, au cours de ce voyage nous avons pris 4 fois l’avion, ce qui en soit n’est pas énorme. Cependant, du fait des restrictions budgétaires appliquées au sein de l’association La Grande Echappée (Loi de 1901), nous avons fait quelques petits détours et escales et ainsi réalisé exactement 12 décollages et 12 atterrissages (vous remarquerez que nous avons fait autant de décollages que d’atterrissages ce qui est plutôt cool pour nous !). Ce qui fait une moyenne de 3 vols par changement de continent. Du coup si vous avez des questions concernant un aéroport en particulier (Fastfood disponibles, possibilité de dormir par terre…), n’hésitez pas à nous interroger, on pourra certainement vous aider ! Je pourrais aussi vous envoyer des bonnes grosses statiques sur le nombre de plateaux repas ingurgités mais je n’ose pas, je crois qu’en terme d’emprunte carbone, c’est encore plus scandaleux que notre consommation en carburant (surtout quand on sait que Côme faisait la chasse aux plateaux en rabe !) Bref, la Grande Echappée peut bien en faire des milliers de km à vélo pour compenser ce comportement si peu écoresponsable. Allez, on arrête avec les stats à deux balles et on revient à nos moutons. A 23h à Helsinki, il est hors de question de sortir affronter le froid scandinave. Et puis, c’est la dernière fois qu’on peut dormir dans un aéroport donc on en profite une dernière fois ! Du coup, nous remontons nos vélos puis installons nos tapis de sol près des tapis de livraison bagages.



     D'ailleurs, 12 vols et pas un seul bagage égaré, la Grande Échappée est bénite ! Le lendemain matin à 6h, c’est non sans une certaine appréhension que nous passons les portes de l’aéroport. Ayant passé presque 1 an en été, nous avons presque peur de retrouver une température inférieure à 20 degrés (désolé) Bon mais en réalité, tout se passe très bien et bien plus que ça, c’est même avec plaisir que l’on découvre la fraicheur de la région. Avant de grimper sur nos bicyclettes, nous entrons dans notre premier supermarché européen depuis bien longtemps et nous retrouvons… devinez quoi ? Des bons croissants tout chauds, tout droit sorti du four ! Ils sont un peu cramés sur le dessus mais le plaisir est au rendez-vous. Ensuite, l’équipe doit se scinder. Aie, eh oui encore… Alex à RDV avec sa promise à Riga dans moins de 3 jours. Il n’a donc pas le temps de visiter Helsinki et doit avaler en vélo les 350km de route qui le séparent de Riga, la capitale de….de… Ahah ! Je vous y prends encore une fois à hésiter ! Bon du coup, je vous fais un autre petit topo ! « Ah qu’est-ce qu’il est chiant celui-là avec son ton professoral ! » Mais non, c’est juste pour que vous compreniez mieux la suite… Alors, du Nord au Sud  (ordre alphabétique donc facile) : Estonie, Lettonie, Lituanie. Ça c’est pour les pays. Pour les capitales : Tallin est en Estonie, Riga en Lettonie et Vilnius en Lituanie. Euh, la pour le coup, je n’ai pas trop d’idée, à part pour Vilnius qui contient un « u », tout comme son pays, la Lituanie.

Le genre de panneaux qu'on peut voir à la sortie de l'aéroport d'Helsinki...
La Côte Balte en solitaire :

Alex quitte donc l’aéroport avec bien trop peu d’heures de sommeil dans ses bagages. Sur les dernières 48h, pas moyen de dormir plus de 4h d’affilée. Les jambes sont lourdes et les idées un peu brumeuses, tout comme la météo ce matin-là à Helsinki. Il s’agit d’abord de rejoindre le centre-ville de la capitale. Petit problème : pas de petites routes en vue. Il s’engage donc sur l’autoroute. Sauf que l’on est plus en Asie et qu’il avait oublié ce qu’est une autoroute européenne. Un bout de piste cyclable aperçu en bord de route le sauve cependant ! Là encore, problème : pas de panneaux, la piste cyclable traverse des lotissements et n’est pas balisée. Alex demande de l’aide à un finlandais qui passe par là en vélo. Coup de chance, celui-ci part justement bosser dans le centre à bicyclette. Il n’y a qu’à suivre la danse. D’ailleurs, plus on se rapproche du centre, plus la piste se fait claire et le trafic s’y intensifie. Pas de doute, les nordiques sont des pros du vélo : Alex croise même des cyclistes ayant troqué l’attaché case contre une ou deux bonnes grosses sacoches ortliebs (les mêmes que les nôtres : un truc de pro en somme !). Ils sont tous casqués, tous bien équipés. Impressionnant !

Helsinki by bike

      Arrivé dans le centre, un petit tour de la ville, des petites emplettes pique-nique chez STOCKMAN (le supermarché le plus cher de Scandinavie : bien joué Alex !) un petit tour au distributeur automatique, la joie de retrouver nos bons vieux euros et il est déjà temps de quitter la Finlande pour se rendre en Estonie. Alex n’a pas le temps, Alex est un homme pressé. 2 heures de ferry plus loin, il est en Estonie. Il n’a rien vu de la traversée de la Baltique le pauvre bougre puisqu’il a dormi tout du long. Ce n’est pas grave, les copains me raconteront se dit-il.

Sortie du port d'Helsinki
Et puis ce petit somme lui permet de remettre sa barre de batterie dans le vert. Il va en avoir besoin : il est midi, Alex débarque à Tallin et il a 110km à parcourir s’il veut respecter son petit programme du jour. Ça commence très mal, il se paume en sortant de la ville et se mange 20 km gratos ! Aie, c’est dur pour le moral ! Quand enfin il est sur la bonne route, il décide qu’il est temps de faire la pause pique-nique. Il n’est pas très fort en orientation mais il ne perd jamais le nord ! Et là, je peux vous dire qu’il y a gros kiffe ! La première bouchée du premier sandwich européen retrouvé (fait maison avec jambon, beurre et pain complet) ça fait plaisir. Manquait plus que les cornichons (trop cher : VDM !) et le kiffe était complet. Il y a le sandwich bien sûr mais aussi et surtout le cadre : une petite clairière au milieu des sapins, une petite laine sur le dos (enfin la Quechua bleue quoi !). Aahh ce qu’on est bien en Europe : y a pas à dire, c’est vraiment le meilleur continent ! Ce tour du monde lui aura au moins servi à se rendre compte de ça. Mais pas le temps de s’éterniser, il faut rependre cette route 15, route magnifique bordée de sapins, de prairies, de jolies petites maisonnettes. Il n’y a personne, Alex kiffe et zigzague comme un âne : Il est seul, il est heureux. Il croise bien quelques Estoniens mais ces derniers se font rares. Ah si ! Fait notable : il croise deux allemandes cyclotouristes qui, parties de Pologne, se rendent à Tallinn. L’occasion de glaner quelques infos sur la suite de la route et de tester ses skills d’allemand : Ya ich bin aus France. Mouai, pas terrible ! A 19h, Alex a parcouru 90 km et il décide (enfin son corps décide pour lui) de s’allonger deux minutes sur l’herbe. Paf ! Il est réveillé une heure plus tard par un gars du coin qui lui demande si tout va bien. « Euh…yes I am fine… » La vérité c’est qu’à ce moment-là, Alex ne sait pas du tout où il se trouve. Alors attend… ça ressemble pas trop à la Thaïlande. Le Laos ? Ah, ça y est j’y suis, je suis en Estonie (normal !) C’est donc la tête bien dans le derrière qu’il reprend sa route. 10km plus loin, un panneau indique un petit lac. Bingo ! C’est là qu’il dormira. 6km de piste à haut risque. La moindre crevaison serait une belle galère car Alex a laissé la pompe et l’unique chambre à air survivante à ses compères. Pas le droit à l’erreur donc ! 21h : découverte du lac. Le lac de Scandinavie comme on se l’imagine. Belle opération ! A la recherche d’eau potable, il rencontre Kailo, estonien, la cinquantaine. Ce dernier lui offre une bière et une nuit dans son jardin aménagé au bord du lac. Parfait ! A 22h Alex dort comme un bébé.



11h de sommeil plus loin, une belle journée qui commence. Aujourd’hui 110km à faire. Rien à signaler, Alex roule bon train, découvre de nouvelles routes, de nouveaux paysages puis arrive sur la côte de la mer baltique au niveau de Parnü. Une nouvelle grande ville ! Une nouvelle occasion de se perdre pour notre champion national ! « Ah merde, euh please : c’est parnü Riga ? Heureusement, dans ces pays-là, presque tout le monde parle parfaitement anglais. De la caissière du supermarché MaXima au vigil du magasin STOCKMAN, ils nous éclatent tous ! Ça fout un petit coup au moral mais c’est pratique. Ce jeudi 5 juin est aussi l’occasion de passer la frontière avec la Lettonie, frontière aujourd’hui matérialisé par un simple parking et une buvette. Ah l’espace Schengen !De l’autre côté commence une interminable ligne droite de sapin jusqu’à Riga. D’ailleurs, saviez-vous que c’est à Riga que fût instaurée la tradition du sapin de Noel ? Il faut dire qu’ils sont beaux leur sapin ! L'histoire raconte qu'en 1510, à Riga, quelques marchands festifs et réchauffés par l'alcool, ont commencé à lancer des fleurs sur un arbre pendant la période de Noel. Un demi-siècle plus tard, les arbres de Noël sont décorés à travers le monde entier. Ils sont vraiment forts ces lettons. 


ça c'est pas un sapin, mais un beaupin
     Le soir, notre voyageur solitaire s’installe au bord de la Baltique pour passer la nuit. Encore une bonne nuit bien réparatrice et le voilà reparti pour les derniers coups de pédales jusqu’à Riga où l’attend Armelle, sa chérie. Enfin, la vérité c’est que c’est Alex qui attend sa copine et pas l’inverse. Trop pressé, l’idiot s’est enfilé les derniers 100k, d’une traite, dans la matinée. Le reste du week-end se passe paisiblement pour les deux amoureux: resto, découverte du vieux Riga, Spa, promenade dans les parcs... De quoi se refaire une santé !


Allez Champion, vas-y !

Les aventures de Côme et Vincent :

Revenons trois jours en arrière, à la descente de l’avion, Helsinki baby ! Pendant qu’Alex découvre les joies de la vie solitaire sur les routes, Côme et Vincent, désespérés d’avoir perdu leur grand dadais préféré, continuent leur petit bonhomme de chemin. On vous rassure le désespoir est de courte durée, quelques kilométres plus loin les deux compéres font la connaissance de Jaako (un vieil ami du frère de Vincent) et de sa fiancée Anna !
Et observez le t-shirt de Jaako !
     Il faut vous imaginer ce couple de finlandais. Jaako est bâti comme une armoire à glace (ancien rugbyman pour l’équipe nationale de Finlande tout de même), les yeux bleus, le cheveu blond et la voix qui porte. Anna est quant à elle absolument délicieuse, tout en cliché scandinave. Ces deux-là nous accueillent avec une gentillesse infinie dans leur maison de la banlieue d’Helsinki. Nous y restons 48h pour découvrir un peu la ville. Il faut vous dire aussi qu’à ce moment-là Côme et Vincent s’exclament toute les 5 minutes « Alala on est bien, il fait frais, c’est beau ici ». Le moindre maison, le plus rabougri des sapins devient source d’extase. Oui, je crois bien que le soleil asiatique nous a grillé le cerveau. Nous partons à l’assaut d’Helsinki qui nous laissera un souvenir très heureux, les façades pastel des maisons et le port nous ont séduits. Point d’orgue de la visite la balade sur l’ile de Suomenlina ancienne forteresse Russe et Suédoise et Finlandaise je crois. « Alala on est bien, il fait frais, c’est beau ici ».

Helsinki baby !


Côme à la conquête de la forteresse !
     La veille de notre départ Anna nous l’affirme il faut qu’on découvre le « finnish way of life » . Au programme barbecue finlandais et sauna (car figurez-vous que toutes les maisons finlandaises en sont équipés). Jaako nous emmène dans la pièce surchauffé où nous suons suons suons … « Alala on est moyen bien ici, il fait un peu chaud dans ce sauna, non Jaako ? » Notons également que comme la tradition le veut, tout cela se fait entièrement nu. Ça encore, ça passe. Le moment où ça devient gênant, c'est quand il faut se fouetter le corps avec des branches de bouleaux séchées, là encore, coutume indissociable du sauna scandinave. Désolé, on n'a pas pris de photos...

Côme à la conquête du barbecue !
     Et le jour du départ arrive fatidiquement nous devons reprendre l’échappée solitaire d’Alex, qui s’ennuie probablement sans nous.
Nous nous embarquons sur un ferry gigantesque qui ressemble au Titanic et s’appelle Viking Line, on est en Finlande ou on n’y est pas ! L’occasion de nous dire une nouvelle fois que c’est beau et que c’est bien par ici. Nous débarquons de notre drakkar comme des pirates et partons visiter un peu le vieux centre médiéval Tallinn. Une très belle ville, tout en forteresse, en église, en rempart et en petits cafés. Seul détail qui nous chiffonne un peu, la ville est envahie par les motards Harley Davidson de l’Europe entière pour célébrer le 40ème anniversaire de quelque chose parait-il. Moteur vrombissant contre pédalier crasseux, veste de cuir contre polaire quechua !

Léonardo Dicaprio et son pote sur le pont du Titanic



Tallinn ?
Mais déjà nous nous élançons vers ce sud de l’Estonie qui nous tend les bras. Nous mettons un peu plus de trois jours à rejoindre Riga, trois jours pendant lesquels nous apprécions ce printemps balte tout en vert et bleu. Partout les prairies, les rivières, les lacs, la mer Baltique et le ciel azur. Un petit coin de paradis !



Pas mal !

A noter en vrac quelques faits importants pendant ces trois jours :
  • Côme a péché un poisson ! Ça s’est passé dans ce lac où avait aussi dormi Alex. Je crois que Vincent a été aussi surpris que le brochet.
  • Vincent s’est baigné dans la mer Baltique ! Côme, tel un félin, a préféré un régime sans eau jusqu’à Riga
  • Nous avons dormi sur les terres du baron Von Munchausen, un individu mystérieux dont nous ne verrons jamais le visage
  • Nous sommes devenus maboules au point de compter le nombre de pâtes que l’on met à côté au moment de l’essorage de la casserole. « 58 ! Catastrophe ! ». Vite rentrer à la maison !
  • Nous redécouvrons un nouveau soleil, couche-tard et lève tôt, qui mène une vie bien remplie ici

Le roi de la Baltique

Arrivée en Lettonie !
Ohhh, la belle cigogne !

Mais qu'est ce qu'il fait ?
C’est donc à Riga que se reforme le groupe. Que d’embrassades et d’émotion ! Non, en vrai, ça se passe assez simplement sur la terrasse du Mcdo autour d’un McFleury. La base ! On ne traine pas trop car ce soir nous avons rdv chez Sylvester et Sanitas, un couple de Lettons qui, par l’intermédiaire du site web Warmshower , propose de nous héberger pour la nuit. En arrivant dans leur appartement, la surprise est de taille. Nous ne sommes pas les seuls. Le hasard a voulu que d’autres français cyclistes crèchent le même soir chez eux. Nous sommes donc 7 français au total à squatter l’appart 3 pièces de Sylvester et Sanitas. L’occasion d’un bon diner partagé, à discuter des expériences de chacun. Nos hôtes ont quant à eux réalisé un tour entier de la mer Baltique. 4000 km en 2 mois, ils sont solides ! Les autres français (deux couples) viennent de Paris en vélo couché. Mais après 2 mois de voyages, il y a scission, les deux couples ne voient plus la suite du voyage de la même façon et ils décident de se séparer. Moins solide ! Cette soirée est leur dernière ensemble et la tension est palpable ! Bon, nous, on n’est pas en couple avec Vincent et Côme (et franchement, heureusement !), mais on se dit quand même qu’on peut être fier d’avoir tenu tout le long du voyage. Ce sont des choses auxquelles on ne pense pas, mais la cohabitation n’est pas facile tous les jours. Bref, on a toujours tenu le coup et ce n’est pas ces derniers petits km en Europe qui nous feront craquer. La Grande Echappée, c’est du solide ! Bref, mettons un terme à cette petite séance d’auto-congratulation. En résumé, la soirée fut très agréable et on espère vraiment avoir la chance de revoir nos lettons préférés en les accueillant à notre tour, chez nous, en France.

Notre hôte c'est celui qui ressemble à Monsieur Propre !
     Le lendemain, nous reprenons tranquillement la route. A midi, nous nous arrêtons près d’une petite auberge de routiers où, moyennant un petit café ou deux pour trois, nous squattons la wifi pendant trois bonnes heures (classique !) : l’occasions de glander sur Facebook, d’envoyer des candidatures pour des alternances, de mater des vidéos débiles et de donner des news… En partant, comme d’habitude, on demande à notre aubergiste de nous remplir nos gourdasses. « ça veut dire que vous partez alors… ?! Dans ce cas, c’est avec plaisir ! » Depuis notre retour en Europe, nous avons retrouvé le plaisir de pouvoir boire n’importe quelle eau, et ce, gratuitement ! C’est cool mais ça ne veut pas dire que toutes les eaux sont bonnes. Là, pour le coup, celle que nous venons de récolter renifle sérieusement l’eau des volcans. « Y a pas de volcans par là-bas ! » se disent certains. « Ah ouai une eau minérale genre Volvic, c’est parfait ça ! » s’imaginent les autres. Eh bien non, c’est plus du genre odeur de soufre pour être poli : «  Ah, mais elle sent le prout, c’est dégueulasse ! » aurait dit l’un d’entre nous, moins poliment. Les canalisations n’ont pas dû être changées depuis la chute de l’Union Soviétique…Oui messieurs dames, par ici, dans les pays baltes, c’est la grande loterie de l’eau. Parfois tu gagnes, parfois tu perds. C’est donc avec une belle eau jaunâtre que l’on reprend la route. Une cinquantaine de km plus loin, nous franchissons la frontière avec la Lituanie.


     C’est incroyable comme l’on change souvent de pays en ce moment ! Heureusement qu’ils sont tous passé à l’euro. Faux ! Contrairement à l’Estonie et à la Lettonie, la Lituanie ne s’y est toujours pas mise ! C’est un peu la mauvaise élève des pays baltes si vous voulez. Du coup, ils gardent leur monnaie jusqu’au mois de janvier prochain. Et nous on ne le savait pas ! D’ailleurs le petit nom de cette monnaie, c’est le Liter et ça peut prêter un peu à confusion quand il s’agit de commander de la bière au café du coin. « Huit Liters de bière, mais ils sont malades, alors c’est vrai ce qu’on dit, ce sont des vrais alcolos par ici ! » Pas de doute, on est toujours aussi renseignés sur les pays qu’on traverse ! Le soir, on se trouve une petite rivière pour passer la nuit. Côme part pêcher, Vincent va se baigner et Alex attaque le saucisson : retour à la normale pour la grande Echappée qui est à nouveau réunie pour bivouaquer. Cette nuit-là, Alex qui n’est pas vraiment pressé de retrouver le confort de la petite tente partagée, décide de passer la nuit à la belle étoile. « T’as dormi dehors espèce de clodo ! Ah ouai ? Mais pourquoi ? » Réponse officielle : « Mais c’est très sympa de dormir dehors, tu devrais essayer! » Réponse honnête : « Après un week-end passé avec ma zouze, je t’avoue que ça m’emmerde pas mal de retrouver l’odeur de vos chaussettes qui puent ! «

Au petit matin, nous quittons Pasvalys en direction de Kėdainiai : une journée normale mais bien moins belle que les précédentes. Certainement à cause du mauvais temps qui a fait son apparition. Il fait froid, il pleuviote de temps en temps : rien de bien réjouissant ! A midi, nous sommes ravis de nous réfugier, bien au chaud dans un café, à Panevėžys. Après avoir mangé nos sandwichs dans le froid, bien entendu !
La Looooose !
 Le soir, nous plantons la tente près d’un lac de barrage, l’occasion pour Côme d’aller pêcher et de discuter avec les siens. Je ne suis pas sûr que les mecs maitrisent l’anglais pour le coup, mais les pêcheurs n’ont pas besoin de parler la même langue pour se comprendre parait-il. Un plat de pâtes, enfilé en vitesse sous la pression des moustiques très en forme ce soir-là et tout le monde sous la tente ! Alex compris !


Pendant ce temps, Alex fait connaissance avec les vaches !

Le lendemain matin, certains font la grasse mat, d’autres se lèvent de bonne heure et se recouchent et d’autres passent des entretiens téléphoniques : la Grande Echappée, on fait le même voyage mais on n’a pas la même vie ! Puis nous mettons ensuite une bonne claque au 70km qui nous séparent de Kaunas, là encore un nom de ville assez intéressant. Prononcez Kaounaz et pas autre chose ! Bon en vérité, on n’a pas vraiment mis une claque au km et c’est plutôt le vent de face qui nous a bien calmé. On s’échoue sur le parking du MaXima où on s’ingurgite un déjeuner de gros balourd. Il est 15h. Le soir, nous retrouvons Goda, un nouveau membre de la communauté Warm qui nous accueille pour la nuit. Nous passons là encore une excellente soirée : partage d’un bon gros plat de pâte, visite de la ville by night et visionnage du premier match de la coupe du monde : Brésil-Croatie ! L’ambiance est très chaleureuse mais on se pèle quand même un peu les miches à boire des bières dehors pour suivre le match sur écran géant. Ah oui, il y a bien sûr un écran géant car Kaunas est la seconde ville la plus grande de Lituanie. D’ailleurs, la vielle ville est très charmante, nous vous la conseillons (merci la Grande Echappée !).
Le lendemain matin, on se lève tard, on redescend nos vélos et bagages depuis le quatrième étage de l’immeuble (rien de tel pour se mettre en jambe) et on retrouve notre amie Goda dans un petit café du centre. Et là, c’est cool ! Goda est une ancienne employée du café et connait un peu tout le monde. Tellement qu’elle disparait en cuisine et revient avec trois omelettes, des pâtisseries et des cafés pour nous. Goda, tu as su nous séduire ! Une très belle rencontre, nous espérons que nos chemins se recroiseront !



Le reste de la journée est bien moins drôle. Notre départ tardif nous oblige à parcourir les 100 km journaliers d’une traite (juste une petite pause supermarché histoire de se bâfrer, étalés comme des porcins sur le parking).
Goda nous indique la route !

En plus il pleut et il vente ! C’est donc le moral un peu dans les chaussettes que l’on met le cap sur la Pologne. Heureusement, un arc en ciel pointe le bout de son nez (un double…il faut dire qu’il pleuvait beaucoup !) et puis le soir, on prévoit de s’arrêter dans un resto de routier pour regarder l’affiche du jour : Espagne-Pays-Bas (l’autre arc en ciel de la journée). Vous l’avez compris, les derniers coups de pédale de la Grande Echappée se feront au rythme de la coupe du monde de Foot. Aaaah La Grande Echappée, les sports du monde…




Frontière Thaï- Bangkok : Du Mékong à l'Océan Indien


Nous voila donc sur les rives du Mékong après que les laotiens nous aient mené en bateau pendant deux jours entiers (au sens propre de l’expression), jusqu’à la frontière Thaï, à deux pas du célèbre triangle d’or, connu pour ses traffics en tout genre. Là vous vous demandez : Mais comment ont-ils fait passer la drogue qu’ils ont acheté au Laos ? Et bien c’est mal nous connaitre, chers lecteurs, nous sommes blancs comme neige, et d’ailleurs ça se voit sur nos tête (bon, ok, après la douche).


En voie de clochardisation trop avancée


là n'en parlons pas


350 km nous séparent désormais de notre prochaine grande destination, Chang Maï, capitale touristique du nord de la Thaïlande. Mais avant de vous parler de repos, évoquons ces 4 étapes qui nous séparent de cette merveilleuse ville. Vous ai-je déjà parlé de ma théorie du guépard – attention, guépard, pas léopard ou Jaguar - et de l’impala ? Non ? Génial ! En fervent admirateur et passionné de tout ce qui provient des programmes de National Géografic, j’ai pu apprendre avant de démarrer ce voyage que ce majestueux fauve d’Afrique était l’animal terrestre le plus rapide du monde. Ça, à priori, vous le saviez déjà. Le guépard est extrêmement friand d’impalas, ces gazelles gracieuses que l’on trouve en bon nombre en Afrique et qui sont également des animaux drôlement rapides. Le guépard est sympa, il s’attaque à des animaux aussi rapides que lui. Mais saviez-vous que ce gros chat avait surtout un gros défaut de fabrication ? Et oui, notre pauvre ami dispose d’un cœur si fragile qu’il ne peut maintenir sa course effrénée derrière les fesses de l’impala affolée que durant maximum 17 SECONDES ! S’il dépasse ce laps de temps, son cœur implose, et la gazelle a gagné une journée de plus (oui c’est pas bien drôle d’être une gazelle en Afrique). Vous me direz, c’est pas qu’on s’en contrefiche, mais disons que.. si, un peu quand même.

Et bien figurez-vous que dans un col thaïlandais dont la pente est à plus de 10% en moyenne, on se met rapidement dans la peau de cette pauvre gazelle sur le point d’être avalée par les mâchoires féroces de ces montagnes escarpées. L’ascension démarre et voila que déjà il faut mettre toutes ses forces dans la bataille. Le col n’est pas long. 6 Km avant le sommet. 17 secondes en langage de guépard. Mais imaginez ce que peuvent durer ces 17 secondes dans la tête de trois petits impalas que nous sommes. Plus les lacets se succèdent, plus nous zigzaguons pour éviter les dents de notre ennemi qui tente de nous avaler. Ne pas craquer. Ne pas s’arreter, ne pas se retourner, n’avoir en tête que ce chronomètre infernal. Allez petite gazelle, tiens-bon ! on raconte que le guépard faiblit à partir de la 15ème seconde, que la pente se fait plus faible. Pas cette fois ? Pas cette fois… Il faut maintenir l’intensité de la course jusqu’au bout, ce ne sera ensuite qu’un mauvais souvenir. Mais qu’est ce que c’est que cette odeur de mort qui rôde sur la route ? Une autre victime ? Est-ce ta propre mort, petite gazelle ?! Mais non, ne penses pas à ça, tu affabules, sûrement à cause de ce soleil qui brûle ton crâne. Un instant tu penses être sauvée, avoir pris une belle avance sur ce fauve, puis soudain il revient à tes trousses, plus vite encore. Tu poses un pied à terre, tu penses un temps à abandonner. Surtout pas, petite gazelle, si tu t’arrêtes tu es perdue ! Puis enfin les 17 secondes sont écoulées, le sommet est là, sous nos pattes. Trois petites gazelles viennent d’échapper à un col féroce, bien décidé à les dévorer, toutes les trois. Mais qu’est-ce qu’il peut bien nous raconter ?! Il nous ment, bien sûr qu’il l’a faite passer sa drogue pour écrire des choses pareilles. Et bien toujours pas. Mais disons simplement qu’un col pareil nous rend cinglés, il laisse des traces. On s’en rappellera de ces 6 km.





30 minutes, thermostat 8 et vous avez un beau cyclo rôti du dimanche!


Et puis d’ailleurs, pourquoi je vous parle de gazelles ? Une gazelle peut traverser les frontières sans problème, ce qui n’est surtout pas notre cas. Revenons un instant avant cette rude ascension. Le Laos est bien décidé à ne pas nous laisser sortir de chez lui. Partis pour prendre un ferry, traverser le Mékong et entrer tranquillement en Thailande, on nous dit que non, qu’ il faut désormais emprunter le « pont de l’amitié Lao-Thaï », voilà autre chose ! Arrivés au poste de sortie du Laos :
-Non, vous ne passerez pas sans avoir payé un supplément ! Motif : arrivée au poste frontière trop tôt le matin… Autre chose ? Non, ce sera tout.
 Nous attendons donc un moment puis passons enfin ce premier poste, direction celui d’entrée en Thaïlande, de l’autre coté du pont. Encore raté, l’accès au pont est interdit aux vélos ! il faut les mettre dans un bus pour traverser les 400 mètres de pont et faire tamponner les passeports. Autant dire qu’ils ont bien fait de ne pas l’appeler « pont de l’amitié Franco-Lao » ce maudit pont qui nous oblige à démonter jusqu’à la roue avant de nos vélos pour les embarquer dans un bus, moyennant à nouveau 125 Baths chacun (3 euros) . Décidément, cette première journée en Thaïlande fut bien difficile. Heureusement nous croisons sur la route un drôle de personnage, Fred, un monument de prétention à lui tout seul, un moulin à paroles, le genre de type capable de déblatérer des pages et des pages sur sa vie sans poser la moindre question à son interlocuteur. Il a une bonne tête pourtant notre copain Fred qui nous aborde sur son scooter juste avant la pause déjeuner, de bonnes joues, une petite bedaine de quarantenaire bien amicale. Mais lorsqu’il nous annonce qu’il a voyagé lui aussi 10 ans à vélo tout seul, là nous savons déjà qu’il s’agit d’un drôle de type. C’est le troisième de ce genre que nous rencontrons sur les routes et à chaque fois nous sommes convaincus de la même chose : Ces types sont resté bien trop longtemps seuls, sans aucune vie sociale, ils en deviennent socialement débiles. Et oui, en 10 minutes, nous savons tout de sa vie, son âge, son nom, sa ville d’origine, ses anciens salaires !!! Quant à lui, il repart sans nos noms, ne sais pas où nous allons ni d’où nous venons, est très fier d’avoir fait plus de km que nous, d’avoir grimpé de plus hautes montagnes que nous, il a laissé une impression, il a prouvé quelque chose.Nous, nous avons surtout l’impression qu’il a prouvé qu’il était con ! 



Ils nous font toujours bien rire ces cyclos complètement perdus, lui en particulier nous redonne la pêche après cette rude ascension. Mais attention, pas plus d’un an ! Rentrons vite avant de devenir comme lui. (là on croise un peu les doigts pour qu’il ne trouve jamais notre blog J ) Nous passons une première nuit à Mae Chan. A l’étage d’un petit restaurant, dans un grenier tout en bois que la patronne nous met à disposition pour une nuit, nous retrouvons là l’accueil si chaleureux des Thaï que nous avions laissé le temps de découvrir le Laos. Un détail à cependant changé l’atmosphère qui règne dans le pays. Vous avez dû le lire quelque part, pendant notre absence, l’armée a fomenté un coup d’Etat et pris le pouvoir en une soirée sans une quelconque opposition de la population. A croire que les Thaïs ont l’habitude. En effet sur les 80 dernières années , le pays a connu en moyenne un coup d’Etat tous les quatre ans ! Ici, la démocratie n’a pas la même importance que chez nous. En Thaïlande, le principal, c’est l’ordre et l’unité nationale, alors du moment que ces deux piliers tiennent debout, on ne se plaint pas. Des gens en chemise jaune

s’opposent à d’autres types en chemise rouge. Finalement pour les thaïs, ce n’est rien de plus qu’un épisode de Kho Lanta !
 Un point marque toutefois le pays, ces derniers jours : le couvre feu… Plus personne dans les rues entre  22 heures et 6 heures du matin ! Cool, la Grande Echappée gagne une heure de sommeil ! Et pour ce qui est de 22 heures, il y a bien longtemps qu’on est couchés à cette heure-là. Une heure de dodo en plus, certes, mais par conséquent une heure sous ce soleil brûlant en plus.. Nous passons ainsi une nouvelle étape sous plus de 40 degrés et terminons à Mae Suaï plus rôtis que des poulets. Finalement, seuls les moustiques se risquent à venir dévorer notre peau cramée. C’est sous cette chaleur que nous traversons Chang Raï puis visitons le morbide Temple Blanc, une vingtaine de km plus au Sud. Entièrement peint de blanc, ce temple a pourtant tout d’une bien sombre création architecturale. Avant d’entrer dans le temple, le visiteur doit traverser plusieurs bassins remplis de mains blanches semblant sorties de terre et agitant entre leurs doigts des dizaines de crânes humains. Dans les bassins, des monstres à l’apparence de dragons sortent de l’eau serrant entre leurs dents les restes de leurs victimes humaines. D’immenses défenses d’éléphants sortent du sol, comme si d’un coup la terre allait se réveiller. Mais en vain, tout ici inspire la mort et rappelle les vivants à la terre. Pourtant, l’ensemble est d’une grande beauté et la richesse des détails sculptés donne vie à ce tableau funèbre. 


On approche du millier de fan Facebook
et ça se voit!!


THE White Temple

Sans doute plus à l’aise dans une église, nous tentons notre chance ce soir-là dans l’internat Catholique de Mae Suaï. Et la chance nous sourit. Le père Luigi, un italien d’une 40aine d’année installé ici depuis huit ans nous accueille chaleureusement. N’allez pas vous imaginez qu’il s’appelle vraiment Luigi, simplement nous n’avons jamais su son nom, et Luigi ça collait bien au récit. Notre hôte nous propose une salle vide où nous pouvons camper sans problème et repartir le lendemain à 6 heures. Nous quittons l’abominable route nationale 1, la principale du pays que nous avions emprunté sur quelques km pour rejoindre la 118 qui s’enfonce un peu plus dans la nature des environs de Chiang Maï et est nettement moins encombrée. Après 40 km, nous nous arrêtons boire un coup au SevenEleven, notre QG.



La maison de Luigi


L'heure de la messe a sonné pour Alex, apôtre fidèle du 7 Eleven

 A partir de là, 3 itinéraires possibles s’offrent à nous. Il nous faut choisir, mais les avis discordent. Alex et Vincent s’accordent sur une route assez sauvage un peu plus vallonnée que la 118 que Côme décide de continuer, lui permettant d’atteindre un peu plus tôt Chiang Maï . Chose inédite dans ce voyage, nos routes se séparent ! N’allez pas imaginer que Côme a perdu la tête depuis qu’il a failli se faire dévorer par un guépard. loin de là. Non, c’est simplement l’occasion pour lui d’expérimenter le voyage en solitaire, depuis le temps qu’on en parle, et pour Alex et Vincent de s’aventurer sur une autre route. Et Côme l’avoue, Il a surtout hâte d’atteindre Bangkok et en a un peu sa claque des routes asiatiques. Avant de partir et de leur souhaiter bon courage, il leur lâche :
-Au fait, vous l’avez vu l’énorme serpent écrasé il y a une demi heure ? Un Bungare rayé jaune et noir, ou Kraït Asiatique. Un serpent extrêmement dangereux mais assez peu agressif. Oui, comme le dit un proverbe Thaï : « le Kraït ne mord jamais, mais s’il le fait, tu es mort… »

Nous nous séparons sereinement, décidés à en découdre avec deux ultimes étapes asiatiques qui s'annoncent terribles. Vincent et Alex s'élancent sur une petite route départementale prometteuse qui doit les amener en 40 km à Phrao, où ils espèrent trouver un toit. 40 km, une petite après midi en soi, une broutille, une promenade de santé. Pourtant au bout de quelques kilomètres la pente se fait, un peu plus raide, puis un peu plus encore, et encore, et encore,jusqu'à devenir un mur impressionnant à bien plus de 10%. Mais c'est pas possible, même à pied on risquerait son cœur à grimper une chose pareille ! Alors cette fois, pour la première fois depuis le début de ce voyage, le guépard a enfin eu raison de nos deux pauvres gazelles qui s'effondrent avant le sommet, à bout de forces. Avec le temps, il commençait à avoir faim le pauvre vieux.( pour les cancres qui ne lisent qu'en diagonale, ceci est une métaphore filée qui a commencé au début de l'article). C'est à bord d'un pick up réquisitionné sur la route qu'ils arriveront au sommet de ce monstre avant de rejoindre leur village étape. La suite jusqu'à Chiang Mai sera plus reposante. 





Un Mango Shake pour la 8 s'il vous plait!


De son coté Côme repart aussi la fleur au fusil, heureux mais pas si serein de s'aventurer seul sur ces routes . Il repart après un déjeuner en solitaire, certain de trouver un logement dans les 20 prochains kilomètres. Mais rapidement la route s'enfonce dans un épais parc national et abandonne l'agitation des villages pour la plus parfaite quiétude de la jungle. Les lacets s’enchaînent et la route s'élève dans la montagne, de façon plus raisonnable heureusement. Mais après une vingtaine de kilomètres de montée, trois essorages de t-shirt et des dizaines de serpents écrasés, le sommet apparaît enfin. Ça redescend, ça remonte, ça n'en finit pas et la route reste déserte, pas le moindre village à l'horizon. « dans 20 bornes je suis sûr de trouver un spot où dormir » disait-il, incorrigible optimiste. 40 km, 50 km, la nuit tombe, toujours rien.. C'est finalement 60 km plus tard qu'il atteindra enfin Roi Sakhet au terme d'une étape de 130 km qui devait en faire 85 grand max. Le village est à taille humaine, plein de charme, mais encore une fois, pas la moindre Guest House, pas une Eglise ou un plan potentiel pour dormir. C'est alors qu'arrive Shannon, un américain du coin sorti d'un gros 4x4, le héros du jour. Shannon accepte d'abord d'offrir à Côme une place chez lui pour passer la nuit, retourne à sa voiture, réfléchit un instant puis retourne le voir alors qu'il s’apprêtait à le suivre jusqu'à chez lui.
-Mais attend, de toute façon tu comptes aller à Chiang Mai demain j'imagine ?

-Oui, dit Côme, qui sent déjà le miracle arriver.
-Bah viens, grimpe, je t’emmène tout de suite, je dois y aller !
-Jackpooooot !

C'est donc Côme qui sort vainqueur de ce match à distance et arrive un jour plus tôt à Chiang Maï que ses deux compères. Un match qui finalement s'est révélé bien difficile pour les deux camps. Et c'est avec mérite et brio que notre trio achève enfin son échappée asiatique, ici à Chiang Maï, deuxième ville de Thailande. 2000 km tout rond !

En effet, le temps nous manquant, la route n'ayant ensuite plus le moindre intérêt, nous décidons de rejoindre Bangkok par le bus. En attendant, nous jetons l'ancre dans le centre historique de Chiang Maï, dans une petite Guest House au fond d'une des dizaines de ces petites ruelles fleuries qui font tout le charme de la ville. Deux jours de repos au programme. Deux programmes différents. Côme apprend au dernier moment l'arrivée de ses deux copains Joséphine et Gaëtan, deux joyeux lurons de passage en Thailande, et décide de partir deux jours avec eux pour un trek dans les montagnes. Au programme : retrouvailles, embrassades chaleureuses et blagues vaseuses, mal de crâne dans un tuk tuk lancé à toute berzingue, marche, promenade en éléphant, pillage clandestin d'une plantation de litchis, marche dans la jungle, rafting, baignade dans des cascades d'eau claire, et bivouac parfaitement pittoresque dans un micro village Thaï au terme d'une ultime marche. Nous retiendrons un dialogue causasse entre les deux tourtereaux, fraîchement arrivés au sommet :
« Gaetan, tu t'imagines que nous, on est là pour 24 heures seulement, mais que ces petits villageois sont là pour la vie ?! »
« tu vois Joséphine, c'est cette sensibilité que j'aime chez toi ! »
Bah oui, vous croyiez qu'elle allait tomber dans l'oreille d'un sourd celle-ci ?! La rédaction de La Grande Echappée n'en rate pas une.



Un éléphant ça trompe énormément


la nouvelle pub pour shampoing Thaïti




Joséphine VS Wild 

Vincent et Alex, eux, préféreront la chaleur de la ville pour reposer leurs jambes meurtries, pratiquer leur sport préféré, ne rien faire, assassiner deux ou trois mots croisés et sortir le soir assister à un terrible match de boxe Thaï dans une ambiance brûlante, une expérience dont ils se rappelleront. Ils se rappelleront surtout qu'un Thaï, qu'il ait 25 ans ou même 8 ans, et bien tu ne l'EMBETES pas !




Ainsi nous arrivons à Bangkok, capitale de la modernité en Asie du Sud Est, célèbre pour son bouillon culturel permanent, son dynamisme, véritable Eldorado des jeunes fêtards en voyage, plus tristement aussi capitale du tourisme sexuel. C’est bien ici que nous débarquons nos vélos, un peu intimidés par ce fourmillement comme souvent lors de nos arrivées dans les capitales. Bangkok sort du lot des villes d'Asie du Sud Est. Ici la route passe au dessus de nos têtes, le métro sous nos pieds, et il faut lever les yeux au ciel pour apercevoir le sommet de certaines tours ultramodernes du quartier des affaires, donnant à ces lieux des aspects futuristes. La modernité semble être le maître mot, le moteur de la vie branchée des Thais de la capitale. Le modèle américain habite chaque rue, chaque magasin, Bangkok se tourne vers le futur. Néanmoins la tradition n'est pas loin. Des nombreux temples dont le célèbre Wat Pho décorent la ville de leurs dorures, les taxi lâchent le volant pour tirer leur révérence au passage devant le Palais Royal et l'ambiance caractéristique des rues animées par une joyeuse anarchie continue de faire le charme de cette métropole gigantesque. Nous répartissons nos vélos chez deux hôtes de choix que sont Fanny et Ariane. 


Quand on vous disait qu'ils ne rigolent pas


Kao San, à Bangkok

Fanny, est une amie de l’ESCP de notre année en échange à Bangkok, c’est également, si vous avez suivi nos aventures péruviennes, grâce à Elle que nos amies Florence et Alizée sont à Lima. Elle a en effet fondé cette association (Women take the Micro) qui envoie des étudiants en mission autour du monde pour aider des femmes entrepreneurs. C’est un peu compliqué. Bref, retenez que Fanny est une fille super ! Ariane fait partie de ceux qui ont décidé de partir s’expatrier en stage en Thaïlande pour 6 mois. Quelle drôle d’idée, me direz-vous, dans un pays où l’on se couche à 22 heures ! On dit aussi qu’elle adore les ours noirs d’Asie, c’est sans doute la raison pour laquelle elle accueille Côme, ses grandes paluches et sa grosse barbe brune. Bref, encore une fois, une fille super ! 


On vous présente FANNY


Et ARIANE

Bangkok vous l'aurez compris marque la fin de notre aventure asiatique. Nous prenons à présent un dernier avion qui nous mènera jusqu'à Helsinki en Finlande. De là c'est simple, c'est tout droit, jusqu'à Paris ! Car oui c'est officiel cette fois-ci, nous rentrons pour de vrai, et précisément le 11 Juillet 2014 ! (On vous attend nombreux sur le Champ de Mars)
En attendant, nous profitons de nos derniers jours au royaume de Siam pour nous autoriser une petite virée sur la côte, accompagnés de toute notre fine équipe. A Ko Sameth, nous mettons les pieds dans le sable, les ressortons bien vite car là aussi il est brûlant et rafraîchissons nos petites frimousses dans cet Océan Indien que nous retrouvons pour la deuxième fois. Nous imaginons, à quelques encablures, les côtes colorées du Mozambique. 

En thaï, Ko, ça signifie île. Il y a tout un tas de Ko sur la KOte sud du pays, Ko Lanta bien sûr, mais également Ko Phi Phi ou Ko Tao, sans doute Ko Ruption aussi. Voila chers lecteurs, sur cette blague si Ko Mique, c'est depuis le sommet d'un cocotier géant que nous vous disons à très vite ! D'abord dans les forêts nordique, mais surtout sur les pelouses du champ de Mars, face à une autre grande et belle TOUR DU MONDE !J'oubliais, gardez un oeil sur notre onglet "VIDEOS", la petite dernière est dans les tuyaux :)


Oups, désolé pour ceux qui bossent en ce moment..




Retour à Bangkok, ça sent la rentrée des classes