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Heureux qui comme Ulysse ...

     La boucle est bouclée ! Nous avons franchi notre ligne d’arrivée par un vendredi de juillet sous la tour Eiffel. Le ciel qui ne voulait pas s’arrêter de pleuvoir depuis quelques jours a même offert une grande éclaircie pour nous permettre de savourer ce moment.

Merci à tous d'être venus !!!
      Une année à traîner nos roues sur le bitume et la caillasse de tous ses coins du monde et nous voilà ! Quelle journée ! C’est tout vibrant que nous montons sur nos selles au petit matin, à peine quelques dizaines de kilomètres nous séparent du Champ de Mars, de la famille et des amis. Nous les parcourons en volant malgré les dernières averses qui tombent. Aux portes de Paris nous nous arrêtons nous sommes rejoint par l’avant-garde, un petit peloton de cyclistes venus nous accueillir en avant-première et nous escorter jusqu’au pelouse de la tour Eiffel. Un grand merci à Anatole, Pia, Roméo, Benoit et Jean qui ont bien voulu nous aider à faire ces derniers kilomètres. C’est bien connu ce sont les plus durs ! Ca y est l’échappée est reprise !

Un petit détour à Notre-Dame pour repasser sur le lieu du crime, il y a environ 18 000 km nous donnions notre premier coup de pédale depuis le kilomètre zéro de la France. L’esplanade de la cathédrale est noire de touristes, nous nous frayons un chemin jusqu’à l’endroit précis du départ. Je veux dénoncer personne mais je crois bien avoir vu des gorges nouées et des yeux mouillés parmi Alex, Côme et Vincent.


La boucle est bouclée sur le parvis de Notre-Dame (merci Anatole pour la photo!)

L'avant garde


      Et puis c’est le départ vers la tour Eiffel, cette fois ci c’est vraiment la fin. Nous bondissons de joie sur nos selles, le moment tant de fois imaginé, fantasmé arrive enfin ! Ça y est nous y sommes, terminé les histoires de chambres à air et de pâtes à la sauce tomate, de nuits à la belle étoile et de moustiques qui piquent. A quelques dizaines de mètres du Champ de Mars nous nous échangeons un regard « oh pétard j’ai le cœur qui bat » . Nous déboulons sur la pelouse dans ce désordre qui nous caractérise si bien : on roule pas droit, on se rentre dedans, classique. C’est bien dur de décrire notre sentiment lorsque nous voyons grandir le groupe d’amis et de famille venus nous accueillir. Je crois me souvenir que nous avions un très grand sourire sur les lèvres ! L’accueil est magique, un de ces moments qui te redonnerait presque envie de repartir juste pour avoir le droit de revenir ! Les retrouvailles sont belles en tout cas, mieux que tout ce qu’on imaginait, mais bon ici je pense que les photos parlent mieux que les mots !



Champagne shower


     Un immense, gigantissime et pantagruélique MERCI à tous pour être venu nous accueillir sous la tour Eiffel, pour nous avoir serrés dans vos bras malgré notre odeur de clochard, pour avoir partagé ce moment unique avec nous !

       Un atomique, merveilleux et gargantuesque MERCI de nos avoir suivi tout au long de cette belle aventure !

La team Sabran


La team Folliot

La team Grassin (je vous félicite pas c'est le bazar comme d'habitude !)





Nos plus fidèles supporters ... merci pour cette arrivée !


Nos plus fidèles supportrices ... merci pour cette arrivée !


Avec les grands-parents





Attention ça commence comme ça et ça finit au Mozambique...

Bon bé voila quoi !


Berlin- Roye : This is the End

Vous pensiez en avoir terminé avec nos histoires à coucher dehors ? Et bien figurez vous qu’on en a encore de belles à vous raconter. D’ailleurs j’en ai pour preuve la première nuit d’Alex après avoir quitté Berlin. 20 heures, rituel quotidien, Alex, heureux d’avoir retrouvé le beau temps et la campagne Allemande commence à monter sa tente avec la rapidité dont lui seul a le secret. Tout se passe dans la bonne humeur, bien évidement, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’un nouveau pensionnaire assez inattendu a élu domicile dans sa maison. Avait, devrais-je dire, puisque c’est sur une grosse limace morte en décomposition qu’il tombe en allant s’installer. L’odeur dégagée par le gastéropode est épouvantable et notre ami est obligé de dormir à la belle étoile, sur une bâche, à la merci de l’humidité et des moustiques. Nous retrouverons même le lendemain des empreintes de biche à 2 mètres de lui, laissées par une curieuse pendant la nuit. Vous voyez, je vous disais bien qu’il nous reste quelques histoires à coucher dehors à vous raconter ! 






Voila pour l’introduction, c’est toujours important de commencer par là, et c’est aussi un petit clin d’œil sympa à nos amis bacheliers qui se demandent encore comment ils vont bien pouvoir démarrer leur dissert de français. Nous, nous commençons par quitter Berlin le cœur fendu par les adieux à nos copains Felix Kelly et Bérénice  qui nous ont acceuilli dans une ambiance Do Brasil emprunte par l’athmosphère si particulière de la capitale allemande. Entre deux matchs de coupe du monde, une plongée au cœur de l’histoire de la chute du mur et de la vie nocturne berlinoise, nous coulons deux jours bien paisibles dans cette métropole qui voit naître toutes les dernières tendances à la mode qui envahissent l’Europe. Ici tout est ALTERNATIF, CONCEPTUEL, « tu peux pas comprendre mec, ici un kebab c’est pas un kebab », un hangar désaffecté et à moitié à l’abandon devient  le dernier bar en vogue, une piscine olympique en ruine ? Génial ! Ça ferait une super boite de nuit ! Rien ne se perd, tout se transforme, comme dirait l’autre. Comprenez que l’on ne manque pas d’imagination et d’inventivité dans ce bouillon culturel d’un genre à part. Berlin, on aime ou on n’aime pas, de toute évidence, on n’y reste pas indifférent. 

Le mur

Félix et son copain

Bérénice (à Gauche), ses copains, et ses copines


Nous, on y reste pas, tout simplement, et c’est bien triste, on commençait à s’y attacher. Nous partons pour 700 km de vélo en une semaine jusqu’à Amsterdam où nous attend Julian (entendez Ruliane, il est un des pauvres madrilènes qui ont vécu la déculotée infligée à l’Espagne 5-1 depuis les Pays Bas. Il est aussi l’ancien colloc de Jean, le frère de Vincent). Jusque-là nous ne sommes encore une fois pas épargnés par la pluie qui continue régulièrement de nous casser le moral, et les ***** (cacahuètes ça passe ?), soyons honnêtes. Promis je ne vais pas vous embêter avec des descriptions de paysages, vous savez bien à quoi ressemble un champ de patates (en fleur à cette époque) ou un coquelicot. Par contre je peux vous dire qu’en cette saison  les Cigognes reviennent d’Afrique pour envahir l’Europe Centrale et retrouver leur vraie maison. Sauf qu’elles sont moins bêtes que nous et ne se sont pas emmerdé à traverser les Andes et l’Asie entre temps. Je peux vous dire aussi un mot sur les routes. L’Allemande, comme la Polonaise, est toujours aussi plate qu’une planche de surf, pas la moindre courbe à se mettre sous la dent. C’est aussi le cas de la Hollandaise, quoique plus séduisante et accueillante par ses innombrables pistes cyclables. La Belge, on en sait trop rien, elle a ses adeptes, et la Française, on s’en souvient plus bien, mais on la sait belle et élégante, et elle nous manque ! 

Un aquariophile et un pêcheur s'entendent forcément à merveille


Les fameux canaux hollandais




Sur ces  routes plus ou moins sexy donc, (oui le cyclotouriste manque d’affection et de feminité, alors il essaie d’en mettre là où il peut) nous continuons nos rencontres et encore une fois nous nous persuadons de la nature aimable de la plupart des habitants de cette Terre. Un matin, une allemande nous apporte un plateau avec trois cafés au pied des tentes, un autre nous fait rentrer chez lui et nous offre des bières devant un match de la  National Manschaft. Nous atterrissons ensuite chez Günter et sa femme qui nous sortent le grand jeu et un petit déjeuner à n’en plus finir à quelques kilomètres de Hannovre. Et puis Günter a une passion bien particulière. Il est aquariophile, et des plus érudits ! Il nous emmène dans son antre, une salle entièrement remplie d’aquariums où il élève des plantes aquatiques et poissons du monde entier. Il nous avoue que c’est bien souvent une de ses motivations pour voyager. Nous faisons également la rencontre de Dietma, Julia et leur fille Lin, dans la petite ville de Melle, proche d’Oznabrück, pour ceux qui connaîtraient la Basse Saxe. La petite famille revient d’un voyage à vélo en Nouvelle Zélande et sait évidemment recevoir trois cyclistes trempés par la pluie après une longue nouvelle étape de 110 km. Nous avons droit à une douche chaude, du café, et un barbecue Allemand si copieux qu’il nous oblige à employer notre meilleur élément dans le domaine, à savoir Alex, pour en venir à bout. Le lendemain c’est l’heure du match de l’équipe de France contre le Nigeria. Nous ne nous étendrons pas plus sur cette victoire et sur notre joie éphémère alors que l’on connait déjà le sort qui leur a été réservé par la suite. D’autant que nous assistons à ce match dans un bar Allemand.. Notons toutefois qu’ensuite notre serveur nous a offert un shot de Schnaps après chaque but de l’Allemagne contre l’Algérie ! Ah qu’est ce qu’ils étaient sympas les Allemands avant d’éliminer les Bleus ! 

Ce bon vieux Günter et sa femme, les plus vieux couchsurfers du monde, so cool!

La famille parfaite





Nous passons bien vite la frontière hollandaise et entrons dans cet incroyable réseau de pistes cyclables que nous ne quitterons qu’à notre arrivée en Belgique. Nous traversons le Pays sans avoir à rouler un seul kilomètre en compagnie des voitures. Ici tout est fait pour les cyclistes et ces derniers ont la priorité à chaque rond point, gare à celui qui en renversera un. L’Etat hollandais a même installé sur le bord des pistes des poubelles géantes inclinées de sorte que les usagers puissent jeter leurs déchets sans avoir à descendre de vélo. Puis arrivés à Amsterdam, le flot de vélos rend les pistes cyclables  plus dangereuses et embouteillées que les routes ! C’est vous dire si nous passons inaperçus. Après avoir traversé une série interminable de ponts dans cette toile d’araignée de canaux qui donnent à la ville des airs d’une Venise du Nord, nous rejoignons Julian à son bureau. Nous nous rendons vite compte qu’il travaille dans un bureau un peu spécial lorsqu’il nous fait visiter son lieu de travail, l’unique fabrique de bières d’Amsterdam ! Alors évidement, ça parle houblon, fermentation, bonne, blonde, brune, fine, pétillante, séduisante, douce, à tel point que bien vite, sous l’effet de la dégustation, nous ne savons plus bien si nous parlons de bières ou de filles. Nous profitons d’une belle journée de soleil dans ce qui parait-il est l’une des villes les plus agréables à vivre du monde. 

Une poubelle inclinée, trois étoiles dans le routard Hollande!


Il fallait bien qu'on vous mette un moulin hollandais!

Amsterdam, ses canaux, sa bière.


Et en effet nous ne tardons pas à nous rendre compte de son charme  au rythme de promenades à travers les canaux, petites pauses ensoleillées à la terrasse des cafés, pétanque sur le port et même baignade pour Vincent et Julian ! Nous regardons vivre les hollandais se déplaçant sur leurs petites barques en plein cœur de la ville comme nous prendrions le métro à Paris. Avouons-le, nous avons bien du mal à quitter cet endroit et notre copain Julian qui nous a si bien reçu. Pourtant la fin approche, Bruxelles n’est qu’à deux jours de vélo et nous avons déjà la tête à ce fameux 11 Juillet qui marquera la fin du voyage et les retrouvailles avec nos proches. Alors nous fonçons tête baissée et avalons ces deux étapes assez rapidement malgré une longue journée de pluie. Avec un peu de recul nous sommes bien en dessous du niveau de la mer sur ces pistes hollandaises, alors il fallait bien s’attendre à être un peu mouillés. 






Julian a retrouvé le sourire depuis qu'il a battu des français à la pétanque! La Petanca dices ?


Nous arrivons à Bruxelles à 18h pile, juste pour le début du match des Diables Rouges contre l’Argentine. Toute la Belgique s’est arrêtée de respirer pendant 90 minutes. Alice, une amie de Côme, nous attend à une terrasse envahie par des légions de Belges pour assister à ce moment qui pourrait rentrer dans l’histoire. Les supporters donnent de la voix, on chante l’hymne national à gorge déployée, on tente de communiquer par tous les moyens avec les joueurs, mais bien vite l’atmosphère se refroidie lorsque l’Argentine ouvre le score. Jusqu’à la dernière minute on espère une égalisation miraculeuse mais l’arbitre finit par donner un dernier coup de sifflet. Nous avons l’impression de revoir  le scénario de l’horrible match France Allemagne que nous regardions la veille dans un bar hollandais. Mais contrairement à nous qui avons insulté la moitié du village, les belges restent de bonne humeur. On se console avec le sourire, on rit, on boit, on reprend une bière et très vite on se dit que ce n’est que du football, alors on chante, alors on danse. 
C’est donc chez Alice que nous passerons les deux nuits suivantes dans sa colloc rue du Bailly. Alice travaille ici depuis six mois dans une ONG et n’a pas tardé à se plonger dans les habitudes des habitants de Bruxelles.

-Non ! On dit Brussels, pas BruXelles !! C’est pas croyable ça !
Eh oui, Alice désormais ne rigole plus lorsqu’on déforme la langue du Grand Jacques. En revanche, elle s’amuse de nos anecdotes, de nos histoires et nos habitudes qu’il va bien falloir revoir avant de retrouver notre France. A partir de maintenant notre entourage est francophone, il nous faut aussi faire très attention à ce que l’on dit en public. Attention à ne plus hurler nos problèmes d’hygiènes, l’odeur de nos pieds, nos dérèglements d’estomac ou tout autre détail qui pourrait s’avérer gênant.. Le retour en France commence un peu ici en Belgique Wallonne. Nous prenons également une journée  à Bruxelles pour visiter la Grand Place, les Sablons, le Manneken Pis  et surtout pour profiter d’un déjeuner de gala chez l’oncle et la tante de Côme, Thierry et Claire, ainsi que leurs enfants Victoire et Louis. Quel bonheur de retrouver l’ambiance familiale d’un beau et long déjeuner du Dimanche se terminant à 16h autour d’un café. 

Bruxelles avant le départ, thanks Alice

Encore de la pluie, on change pas une équipe qui gagne


Lundi matin nous reprenons la route pour une dernière étape avant  la frontière française. Nous avons 5 jours pour parcourir les 350 kilomètres qui nous séparent encore de Paris. A 5 km de la frontière nous demandons de l’eau à un type sur le bord de la route. De fil et en aiguilles, notre nouvel ami se prend de pitié et nous propose de planter la tente chez lui et nous offre le petit déjeuner. Alex, retrouvant difficilement ses habitudes de francophone s’adresse d’une drôle de façon à notre interlocuteur.
- Votre prénom, c’est Jean Pierre, c’est ça ? 
- Non, pas du tout, moi c’est Fred !
- Ah d’accord..

Ce bon Jean Pierre, euh Fred, on sait plus bien du coup.



Le moment de retrouver le sol français arrive enfin, après si longtemps. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Pourtant nous l’avons imaginé 100 fois cet instant, nous avons pensé à différents scénarios, différents sentiments qui pourraient nous venir. Faudra-t-il pleurer, sourire, rire ? Serons-nous excités, tristes, soulagés, libérés ? A vrai dire nous n’en savons pas grand-chose, mais nous sommes curieux de voir ce qu’il va se passer. Un an passé à vélo à dormir chaque jour à une nouvelle adresse donne l’impression d’avoir quitté notre maison depuis 10 ans. Nous qui avions déjà vécu les longs séjours à l’étranger, nous devons bien constater que la sensation n’est pas la même. Puis à force d’y penser et de revoir la bande annonce, le film finit par démarrer, elle apparaît au bout de la route, cette frontière. Au centre d’un cercle d’étoiles jaunes sur fond bleu, les 6 lettres les plus belles du monde nous sont enfin dévoilées : F R A N C E. C’est le moment, il faut y aller. Nous descendons de vélo tout en retraçant dans nos esprits tout l’itinéraire, toutes les routes, en visionnant en accéléré les milliers d’images de découverte qui nous viennent en cascade. Un pas, deux pas, puis trois, nous y sommes enfin. Alors, verdict ? 



La France nous accueille à bras ouverts!





Eh bien, s’il est difficile de vous raconter ce que l’on ressent à ce moment, quelques photos vous montrerons certainement l’état d’exitation et d’euphorie dans lequel nous nous trouvons au moment de passer le panneau. Il pleut mais l’immense bonheur que nous ressentons nous fait tout oublier. On fait les idiots, on grimpe sur le panneau, on s’allonge sur la route, les automobilistes qui passent se demandent ce que font trois abrutis complètement hébétés autour de ce pauvre panneau. 
Nous y sommes enfin, et en quelques km nous sommes à Villeneuve d’Ascq sous la flamme rouge du dernier Km de l’étape du tour de France qui doit passer ici quelques heures plus tard. Pas question de voler la vedette aux Froome et Contador, nous restons juste le temps d’attraper quelques produits des sponsors et filons vers Festuber ou nous attendent Edouard, Hélène et leurs amis pour une soirée bien nordique. Ce soir-là c’est Monique, de la friterie du village qui régale toute l’équipe et notre couple hôte nous offre une dégustation avisée des bières de la région. Nous pouvons repartir secs et réchauffés pour ce qui s’annonce être un épilogue pluvieux de notre Grande Echappée.


 Ces trois derniers jours, à l’échelle de notre tour du monde, c’est notre flamme rouge, notre dernier Km à nous. La pluie ne nous accorde aucun répit, mais Paris approche et déjà les premiers panneaux indiquent la maison ! 

Route barrée? On y va ? On y va!

Ah t'en as rêvé de celui là

Dégustation frites calvados maison

Biscarosse-Vitoria Gasteiz (capitale), le Pays Basque vend chèrement sa peau.

Le lendemain matin c’est vendredi, vendredi 13. Nous ne sommes pas superstitieux de nature mais quand notre confort dépend de la météo, de l’environnement et des rencontres faites sur le chemin, on commence à s’intéresser un peu plus au sort que nous réserve la providence. Les choses commencent assez bien en tout cas :  nous nous réveillons avec un beau soleil qui a fait sécher nos toiles de tente. L’extérieur du moins, l’intérieur reste quant à lui bien moisi. Le petit déjeuner est vite avalé et le matos emballé. Pas de temps à perdre, les vagues de Biscarosse nous attendent. 30 km plus loin, nous sommes déjà arrivés. Juste le temps d’acheter un ballon de foot et nous voilà sur la plage : les vacances commencent… Pour 2 heures au moins en tout cas : le temps de pique-niquer, de se baigner et de taper un petit foot ou plutôt et de se rendre compte que nos jambes ne sont plus bonnes à faire autre chose que du vélo.  Et c’est reparti.  Et oui, on ne va pas coucher la non plus. Un petit plouf dans l’espace douches publiques vue sur mer de la municipalité qui se transforme en salle de bain de crasseux pour l’occasion  et nous revoilà les fesses sur le vélo, propre comme des sous-neuf. Puis c’est l’arrêt au stand chez Macdo pour recharger les batteries (au sens propre et figuré) et raconter un peu notre vie sur internet. On resterait bien encore quelques heures au Fastfood américain ou les dessert glacés et la climatisation nous incitent à lever le pied mais il est 18h30 et il reste quand même  40km à parcourir pour atteindre notre point de chute : Mimizan Lake. Cette route est celle de tous les records. Avec une moyenne de 26km/h, nous réglons son compte à l’étape en à peine 1h30. C’est passé tellement vite que l’on n’a pas eu le temps de voir le paysage des landes pourtant magnifié par le coucher du soleil. « Il va falloir ralentir les gars parce que sinon on va être à Madrid demain soir et on risque de s’emmerder un peu ». Les bonnes blagues vont bon train. Sur l’étape du  jour Alex a aussi réalisé un record personnel de vitesse 54km/h. « Je vous jure les gars c’était sur du plat en plus ! ». Ses collègues ne sont pas dupes. Ils savent bien que seule une descente a pu mener les 90 kilos et quelques d’Alex à cette allure. On clôt tout de même cette conversation en se disant qu’il faut être prudent et ne pas oublier de freiner dans les descentes qui représentent finalement le principal danger de l’aventure. Nous arrivons donc à Mimizan pour le 20h. Bin non pas le journal, c’est du camping ! 
Non le 20h de la nuit qui tombe et de l’apéro qui se prépare.  
Là-baaaas, au Connemaraaa!
                                  

Ce soir c’est bière et chips et on a l’honneur de manger sur une table (nous sommes sur une aire de Pique-Nique). Ce petit luxe nous réjouit. Manger sur une table, il n’y a pas de doute c’est bien. On n’éparpille moins notre barda que sur notre bâche de 12m carré et puis ça donnerait presque envie de manger proprement… Presque ! Le souper est agréable. Côme qui affirme vouloir ouvrir notre champ des possibles nous a sélectionné un risotto de la mer surgelé Super U.  Et bin franchement ce n’était pas mauvais. Effectivement ça change des conserves…


Le 14 septembre est un autre jour. Un jour gris. Le réveil sonne à 8h30 comme presque tous les matins (Nous sommes en vacances mais n’abusons pas trop quand même). Encore une fois, camping sauvage oblige, il faut faire les petits besoins (et les autres) dans la nature. C’est chiant mais pas vraiment le choix. Alex part donc de bon matin à l’abri des regards (de ses potes oui mais des joggeurs matinaux pas toujours). Plus tard dans la matinée, ce qui semblait être un local poubelle se révèle être des toilettes publiques. Et c’est Alex qui fait la découverte ! Fort bien me direz-vous mais notre protagoniste n’y a plus rien à y faire. Reste à voir si notre homme est assez « grand prince » pour en avertir ses deux compères qui viennent de finir café et pruneaux d’Agen et commencent à se tortiller en envisageant les différents bosquets qui s’offrent à eux. Mais le confort de deux camarades de Tour du monde, ça n’a pas de prix et la décision est vite prise. Aussitôt dit, aussitôt fait… En guise de remerciement, Côme juge bon d’expliquer dans le détail à Alex le système de nettoyage automatique des WC qui en font un petit coin 4 étoiles (oui oui, on a déjà créé une échelle de qualité). Alex est heureux pour ses amis ! 

Puis vient l’heure de la douche, ou plutôt des ablutions dans le lac. Et aujourd’hui c’est jour de fête, on change de gel douche. De prime abord, Alex et Vincent trouvent le choix de Côme un peu décevant : « Oh non Côme, tu nous as troqué un gel douche fraicheur extrême contre un truc à l’amande, on va sentir la frangipane ! » Mais Côme toujours Comme ne se laisse pas démonter et argumente : « Mais non les mecs, c’est du lait d’amande douce, vous allez voir, on va sentir comme chez le coiffeur ». Mouai… Côme il est Côme ça parfois -jeu de mot MDR-. C’est un garçon pas comme les autres. 

20 bornes plus loin nous sommes au Super U. Et ouai encore... D’ailleurs on se dit que le Super U, ça aurait pu faire un Super thème pour notre voyage… En tout cas nous, ça nous passionne ! Cette fois-ci le plaisir de faire les courses est de courte durée car le magasin ferme ses portes. Il faut aller vite,  très vite ! 3 repas pliés en moins de 5 minutes et sans liste s’il vous plait ! Allez bim, un nouveau record pour la Grande Echappée ! Sur le parking on reprend notre souffle et commence alors une conversation très intellectuelle sur nos lectures :
- Le premier : « Pas mal la fin de mon bouquin Le Club des incorrigibles optimistes, en fait ils s’étaient connus au KGB et du c’est pour ça qu’il ne peut pas le blairer, c’est un peu la clé du dénouement »
-Le second: « Ah t’es relou, je voulais le lire, ça se fait pas. Est-ce que je te raconte la fin de la Bible moi !? »
-« Moi je m’en fou de toute façon après je vais lire Harry Potter. La coupe de feu en Tanzanie ça va être nickel !
- Le premier « Oh le boloss, tu l’as déjà lu 10 fois en plus. Moi je pense que là je vais commencer la Théorie de l’évolution de Darwin »
-Le deuxième :  « Bin oui c’est ça t’as raison, je te mets au défi de lire 3 pages ! »
Pas de doute nos trois voyageurs savent parler littérature…

20 km encore plus loin, nous attaquons ce que nous avons acheté pour le déjeuner. Après cela, Vincent et Côme qui veulent se rassurer sur leur niveau futballistique décident d’affronter deux espagnols qui imposent leur style sur un mini terrain de foot. Le match est endiablé, les dribles s’enchainent et on assiste à un des plus gros France Espagne de tous les temps. Après 15 minutes de jeu, le score est de 3 partout et les parents de Javier, 8 ans et Mario 9 ans sifflent la fin du match en appelant leurs enfants à table. Décidemment, il va vraiment falloir se remettre à niveau avant de faire des passes sur les pelouses du Retiro. 
Encore 30 km et nous arrivons dans le centre-ville de Soustons. Au troquet du coin (Le bar basque), nous faisons la connaissance d’un autre cyclotouriste. Il s’appelle François, il a 55 000 kilomètres au compteur de son vélo et surtout, il a 77 ans. Nous partagerons notre dîner avec ce Charentais, Boucher Charcutier à la retraite qui laisse sa femme tous les ans pendant les 3 mois d’été pour parcourir les routes de France et d’Espagne. « Oh non ça ne la dérange pas, elle s’occupe du chien et moi je fais du vélo : chacun ses loisirs. » Sacré François !



77 ans, seuls les jeux de société lui résistent désormais! 
                               

Finalement nous décidons de camper en compagnie de notre nouveau pote François. Un orage plutôt solide se prépare et sous les conseils des locaux du bar basque du coin nous nous abritons au centre nautique de Soustons déserté en basse saison. Spot de rêve au bord du lac, des grandes tentes vides sont déjà montées et n’attendent que nous. Nous engloutissons le diner et filons nous coucher. Dehors le vent souffle fort et la pluie mouille salement, mais nous nous endormons bien au chaud auprès de nos vélos qui pour une fois ont le droit de dormir dedans. Grosse nuit, seulement interrompue par le bruit d’Alex éclatant, d’un coup de Bible bien senti, un insecte volant non identifié, une préparation à l’Afrique en quelque sorte ! Au matin la nature sèche paisiblement et nous nous éveillons en découvrant que François nous a ramené croissants et pains au chocolat pour nous donner la pêche. Sympa le François ! Nous remballons ensuite nos affaires et nous nous préparons physiquement pour la première étape du jour : parcourir les 500m qui nous séparent du bistrot de Soustons où François semble bien décidé à nous payer des godets. Nous nous attablons finalement tous les quatre autour de quelques cafés car admettons-le, la bière à 11h du matin ça fait pas sérieux. Notre curieux équipage attire l’œil de René un client du café qui discute 5 minutes avec nous. Intrigué par la présence d’un septuagénaire à notre table il finit par lui demander son âge et fronce les sourcils en apprenant la réponse : 77 ans comme lui… S’ensuit une épique chamaillerie entre François 77 ans et 55 000 km au compteur et René 77 ans ancien rugbyman et actuel pongiste (ping-pong tout ça tout ça) pour savoir qui tient la forme la plus étincelante. Les grosses vannes fusent sous notre regard enchanté et nous sommes finalement obligés de déclarer un match nul. Au bout du compte c’est nous qui sommes les plus impressionnés par ces deux grands père qui ont une pêche olympique. Ça donne des idées pour la suite !
On finit par dire adieu à notre François pour nous diriger vers Hossegor. Il était temps, notre vélo commençait (presque) à nous manquer ! Hossegor, temple de la coolitude : planche de surf, cheveux long et teint cuivré. A peu près l’opposé de notre style actuel : bronzage de cycliste, sandales à scratch et tâches de mayo sur le t-shirt… A l’aise comme des poissons dans l’eau quoi ! Sur la plage les sauveteurs beaux gosses ont hissé le drapeau jaune. Effectivement il y a des belles vagues et les surfeurs sont au rendez-vous. Qu’à cela ne tienne, Alex et Côme sont prêts à relever le défi et se décident à aller louer des planches. « Non mais oh ! On va voir de quel bois se chauffe La Grande Echappée ! »  Pendant ce temps-là Vincent prend son courage à deux mains et affronte seul les surfeurs d’Hossegor sur un front non moins délicat : le bronzage (en fait c’est une manière de dire qu’il n’a pas agité ses fesses de l’après-midi…)
Au magasin de planches la charmante Marilou calme les ardeurs de nos deux héros :
-          « Pour le moment les vagues sont un peu trop shortbreak, revenez dans une heure ça sera plus smooth 
-          Ah bon bah d’accord alors. »
 Heure utile au demeurant car elle nous a permis de découvrir les échasses landaises, sport typique de la région et qui fera l’objet d’un futur article sur ce blog (bande de petits veinards).
Finalement les planches sont louées, et Alex et Côme enchainent les vagues avec la vivacité du faucon et le courage du tigre. Rouleau arprès rouleau, vague après vague. Deux heures plus tard les surfeurs d’Hossegor sortiront de l’eau mi-dégoutés et mi-admiratifs, en affirmant je cite « 15 ans de surf et je n’ai jamais vu un tel style, chapeaux les artistes »

2 Guignols en terre inconnue
Le spot idéal pour sortir nos poubelles!
                                           

Nous remontons ensuite sur nos vélos pour une journée de repos bien méritée à Bayonne avant de franchir enfin notre première frontière qui nous attend depuis quinze jours. A Bayonne nous accueillent les grands parents de cette vieille branche de Sara, à nouveau nous sommes traités comme des rois… on va finir par s’habituer au luxe si ça continue ! La journée de pause à Bayonne se résumera finalement à regarder la pluie tomber par la fenêtre. Nous comprenons que pour notre court passage en pays basque français puis espagnol il nous faut revoir notre échelle de météo : lorsqu’il pleuviote au pays basque il faut considérer cela comme une journée de beau temps, lorsqu’il y a une éclaircie comme un jour de canicule. Nous reposons donc nos jambes bien au chaud, et nous rongeons un peu notre frein. Cela fait plusieurs jours que nous parlons du passage de frontière, il nous tarde de retrouver l’Espagne !

" Les Landes c'est vachement bien !
                                   

Restaurant 3 étoiles
 Le lendemain nous partons de bonne heure : objectif San Sebastian. Nous visitons au pas de course Bayonne, il pleut de manière abondante et c’est l’occasioin pour Alex d’exhiber son magnifique poncho de pluie qui lui donne un style inimitable (En écrivant ces mots je vois déjà Alex me dire :  « Vazy t’abuses c’est pas si pire »). Bref nous nous élançons vers l’Espagne sur une départementale assez moche mais qui a le mérite de nous  faire traverser ces villes qui sonnent comme l’été : Saint Jean de Luz, Ciboure,  Hendaye. Juste avant Hendaye justement nous quittons la départementale pour suivre une bien belle route sur la corniche d’Urrugne. Nous gravissons à 10km/h les falaises verdoyantes tombant sur une mer bien agitée, mauvais temps oblige. Au sommet de la corniche la pluie nous laisse un court répit et le ciel nous offre même un rayon de soleil, Ah tiens t’es toujours là toi ? A peine sommes-nous repartis que la pluie revient de plus belle nous caresser les extrémités. Nous trouvons refuge à Hendaye pour avaler notre traditionnel et gargantuesque déjeuner que nous nous permettrons même de terminer dans un parking pour nous abriter de la pluie et du vent.
Nous sommes désormais à 3 kilométres de l’Espagne, et ça c’est chouette. Nous passons la frontière une première fois sans nous en rendre compte puis revenons sur nos pas pour faire les guignol au pied du panneau (et oui on ne sort pas tous les jours de France). Nous voilà en Espagne, adieu la France. Douce France qui dans son désespoir de nous voir partir fait tomber sur nous une montagne d’eau qui mouille bien, sympa.




Le voyage commence ici, en quelque sorte.

 Nous connaissons bien l’Espagne mais nous galérons tout de même à nous orienter. Difficile notamment de faire le tri entre les routes communales, les routes départementales et les grosses nationales qui tachent. Nous nous trouvons donc tour à tour sur de minuscules chemins serpentant dans les collines pentues au mépris de nos cuissots fragiles puis sur des voies un peu trop expresses où les camions semblent passer bien près de nous. A cela s’ajoute une pluie qui ne diminue pas. Au bout de deux heures en Espagne nous sommes trempés et un peu paumés sur la route de San Sebastian. Bravo les explorateurs… Nous arriverons finalement à San Sebastian (vous voila rassurés) à la nuit tombante et ce sont trois éponges qui poussent la porte d’une petite auberge de jeunesse du centre ville. L’auberge est pleine de marcheurs des chemins de Saint Jacques de Compostelle, ça sent le sport dans le dortoir…. L’ambiance est donc assez sérieuse, mais aventuriers comme nous sommes et ne reculant devant aucun sacrifice nous décidons d’aller fêter notre arrivée en Espagne en allant boire des canas bien méritées. Nous retrouvons dans la rue un peu de l’atmosphère espagnole que nous aimons tant. Après quelques bières en terrasse notre moral est regonflé à bloc et nous rentrons à l’auberge dans la joie et la bonne humeur. Bonne humeur que ne partagent probablement pas nos colocataires marcheurs qui nous le ferons payer dès le lendemain matin en partant tous plus tôt les uns que les autres … Nous mais franchement qui à l’idée de partir marcher à 7h du mat, sous la flotte en plus ? Notre réveil est quant à nous plus tardif, plus lent et plus lourd. A midi nous sommes enfin dehors et nous tâchons de mettre de l’ordre dans nos idées pour savoir quelle direction prendre et comment éviter de se manger trop de ces collines basques qui grimpent sacrement. Nous mettons le cap vers le sud ouest et nous visons de camper autour de lacs que nous espérons accueillant. Nous voilà enfin on the road à un bon rythme malgré les côtes. A l’heure du déjeuner nous arrivons à Tolosa. Un certain Joanes accoste Côme dans la rue. C’est un cyclotouriste aguerri : 13 mois de l’Alaska jusqu’en Argentine …

                              
Chez Joanes, Côme hésite sur le lit à choisir
 Effectivement aguerri ne semble pas un adjectif exageré ! Joanes nous propose de nous accueillir chez lui et puis de faire tout ce dont un voyageur peut rêver : manger, doucher, laver, dormir, discuter. 15 secondes de réflexion plus tard et nous voilà assis dans la cuisine de Joanes. Avec lui c’est simple c’est « Faites comme chez vous tranquilo tranquilo ». Tranquilo donc nous l’écoutons nous raconter son voyage passé et lui nous écoute raconter notre voyage futur. De manière plutôt marrante chacun envie l’autre : nous rêvons de pouvoir dire « j’ai voyagé à vélo » et lui de pouvoir dire « je pars à vélo demain ». Mais Joanes est vraiment la crème de la crème ! Non content de nous nourrir/héberger/laverlesvêtements/laverlespiedsquipuent, il décide de nous faire découvrir la vie de Tolosa. A première vue la ville ressemble à toutes les villes basques que nous connaissons grise et verte, mais il semble qu’il fait bon vivre ici ! Nous finissons dans un improbable ciné-débat sur la place de l’automobile à Tolosa. Le débat est en basque ce qui nous permet de constater le fossé qui existe entre le basque et toutes les langues terrestres. Vincent ajoutera même dans une mauvaise blague « non mais quand ils écrivent sur le pc on dirait qu’il se sont endormis sur le clavier ».

En image, la blague du jour
                                      

Une très belle journée à Tolosa, tranquilo tranquilo donc ! Mais Joanes est vraiment la crème de la crème le soir il met en branle le réseau des cyclotouristes basques pour nous trouver un logement pour le lendemain. Aussitôt dit aussitôt fait, nous voilà attendu à Vitoria le lendemain par un couple de voyageurs super-aguerris (ça veut dire encore plus que Joanes).


Joanes en pleine explication de pelota mano
Avant de partir le lendemain Joanes nous indique l’itinéraire à suivre jusqu’à Vitoria. Très vite nous comprenons qu’aujourd’hui ça va grimper sec. Joanes a beau dire « c’est une bonne montée, vous allez suer un peu mais tranquilo tranquilo », quand c’est un mec qui a traversé l’Amérique du nord au sud qui te parle de bonne montée, ça fait flipper. Bref nous partons vers le fin fond du pays basque la fleur au fusil. Après 30km la montée commence. 10km de lacets pas trop pentus, nous avançons lentement mais nous avançons. Une heure plus tard nous franchissons la colline, que dis-je une colline ! un col ! une montagne ! un sommet ! Certes ce sommet culmine à quelques 652m (on y tient au « deux » hein !) mais c’est notre première montée longue et lente et ça se fête. Zou ! Œuf dur pour tout le monde, on a le sens de fête nous. Ceci fait il nous reste encore 70km à parcourir pour atteindre Vitoria. Nous avançons à notre rythme, ça continue à monter et à descendre « euskadi-style » . C’est un peu comme l’histoire de Sisyphe avec son rocher (ouais, ouais on est malades on place des références mythologiques). On monte, on monte on monte le vélo et on redescend et tout est à recommencer. Au bout de 80km dans les pattes on commence à sentir que nos jambes veulent nous dire quelque chose, on a l’impression de rouler sur du chewing-gum « malabar-style ». Après 110km de route nous arrivons à Vitoria, nous y retrouvons Aurora qui nous accueille pour la nuit. Aurora c’est comme Joanes mais en femme, la crème de la crème. Nous sommes traités comme des pachas. Elle nous prépare notamment une somptueuse platrée de pâtes en forme de vélo (il faut le voir pour comprendre le concept je pense …). Nous l’écoutons raconter ses histoires de voyages à vélo et sans vélo. Pour faire simple, son mari et elle ont voyagé partout. Mais quand on dit partout c’est vraiment partout. Ses histoires commencent toutes par « Au Vénézuela… » ou « En Afrique du Sud…. ». Très impressionant.  Surtout Aurora sait raconter ses voyages, simplement et sans chichis, ponctuant ses récits par la même exclamation « Fue una pasada ! », comprenez « c’était incroyable ». Du bonheur en boîte pour nous. On a l’air de quoi avec notre petit millier de kilomètres qui se bat en duel tout seul ?  Nous voilà donc sur le point d’aller nous coucher bercés par ces histoires de lointaines contrées, nos petits yeux se ferment et l’on arrive plus à comprendre trois mots de castillan. Le lendemain, c'est Ruben, son mari pompier qui nous réveil. Il revient de sa nuit de travail et nous offre le petit déjeuner. Comme sa femme, il nous noie sous ses histoires de voyages à couper le souffle et pour nous réveiller nous emène en ville visiter le quartier historique. Vers midi, il prend même l'une de ses innombrables "bici" pour nous accompagner hors de la ville. C'est au pied d'un nouveau col qu'il nous laisse enfin.
-"Porque si siguo con vosotros seguro que voy a sudar :)"


Ruben, pas bien grand mais d'une immense gentillesse 


Entre la Castille et les Pays Basques, la frontière est aussi dans le ciel.