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Frontière Thaï- Bangkok : Du Mékong à l'Océan Indien


Nous voila donc sur les rives du Mékong après que les laotiens nous aient mené en bateau pendant deux jours entiers (au sens propre de l’expression), jusqu’à la frontière Thaï, à deux pas du célèbre triangle d’or, connu pour ses traffics en tout genre. Là vous vous demandez : Mais comment ont-ils fait passer la drogue qu’ils ont acheté au Laos ? Et bien c’est mal nous connaitre, chers lecteurs, nous sommes blancs comme neige, et d’ailleurs ça se voit sur nos tête (bon, ok, après la douche).


En voie de clochardisation trop avancée


là n'en parlons pas


350 km nous séparent désormais de notre prochaine grande destination, Chang Maï, capitale touristique du nord de la Thaïlande. Mais avant de vous parler de repos, évoquons ces 4 étapes qui nous séparent de cette merveilleuse ville. Vous ai-je déjà parlé de ma théorie du guépard – attention, guépard, pas léopard ou Jaguar - et de l’impala ? Non ? Génial ! En fervent admirateur et passionné de tout ce qui provient des programmes de National Géografic, j’ai pu apprendre avant de démarrer ce voyage que ce majestueux fauve d’Afrique était l’animal terrestre le plus rapide du monde. Ça, à priori, vous le saviez déjà. Le guépard est extrêmement friand d’impalas, ces gazelles gracieuses que l’on trouve en bon nombre en Afrique et qui sont également des animaux drôlement rapides. Le guépard est sympa, il s’attaque à des animaux aussi rapides que lui. Mais saviez-vous que ce gros chat avait surtout un gros défaut de fabrication ? Et oui, notre pauvre ami dispose d’un cœur si fragile qu’il ne peut maintenir sa course effrénée derrière les fesses de l’impala affolée que durant maximum 17 SECONDES ! S’il dépasse ce laps de temps, son cœur implose, et la gazelle a gagné une journée de plus (oui c’est pas bien drôle d’être une gazelle en Afrique). Vous me direz, c’est pas qu’on s’en contrefiche, mais disons que.. si, un peu quand même.

Et bien figurez-vous que dans un col thaïlandais dont la pente est à plus de 10% en moyenne, on se met rapidement dans la peau de cette pauvre gazelle sur le point d’être avalée par les mâchoires féroces de ces montagnes escarpées. L’ascension démarre et voila que déjà il faut mettre toutes ses forces dans la bataille. Le col n’est pas long. 6 Km avant le sommet. 17 secondes en langage de guépard. Mais imaginez ce que peuvent durer ces 17 secondes dans la tête de trois petits impalas que nous sommes. Plus les lacets se succèdent, plus nous zigzaguons pour éviter les dents de notre ennemi qui tente de nous avaler. Ne pas craquer. Ne pas s’arreter, ne pas se retourner, n’avoir en tête que ce chronomètre infernal. Allez petite gazelle, tiens-bon ! on raconte que le guépard faiblit à partir de la 15ème seconde, que la pente se fait plus faible. Pas cette fois ? Pas cette fois… Il faut maintenir l’intensité de la course jusqu’au bout, ce ne sera ensuite qu’un mauvais souvenir. Mais qu’est ce que c’est que cette odeur de mort qui rôde sur la route ? Une autre victime ? Est-ce ta propre mort, petite gazelle ?! Mais non, ne penses pas à ça, tu affabules, sûrement à cause de ce soleil qui brûle ton crâne. Un instant tu penses être sauvée, avoir pris une belle avance sur ce fauve, puis soudain il revient à tes trousses, plus vite encore. Tu poses un pied à terre, tu penses un temps à abandonner. Surtout pas, petite gazelle, si tu t’arrêtes tu es perdue ! Puis enfin les 17 secondes sont écoulées, le sommet est là, sous nos pattes. Trois petites gazelles viennent d’échapper à un col féroce, bien décidé à les dévorer, toutes les trois. Mais qu’est-ce qu’il peut bien nous raconter ?! Il nous ment, bien sûr qu’il l’a faite passer sa drogue pour écrire des choses pareilles. Et bien toujours pas. Mais disons simplement qu’un col pareil nous rend cinglés, il laisse des traces. On s’en rappellera de ces 6 km.





30 minutes, thermostat 8 et vous avez un beau cyclo rôti du dimanche!


Et puis d’ailleurs, pourquoi je vous parle de gazelles ? Une gazelle peut traverser les frontières sans problème, ce qui n’est surtout pas notre cas. Revenons un instant avant cette rude ascension. Le Laos est bien décidé à ne pas nous laisser sortir de chez lui. Partis pour prendre un ferry, traverser le Mékong et entrer tranquillement en Thailande, on nous dit que non, qu’ il faut désormais emprunter le « pont de l’amitié Lao-Thaï », voilà autre chose ! Arrivés au poste de sortie du Laos :
-Non, vous ne passerez pas sans avoir payé un supplément ! Motif : arrivée au poste frontière trop tôt le matin… Autre chose ? Non, ce sera tout.
 Nous attendons donc un moment puis passons enfin ce premier poste, direction celui d’entrée en Thaïlande, de l’autre coté du pont. Encore raté, l’accès au pont est interdit aux vélos ! il faut les mettre dans un bus pour traverser les 400 mètres de pont et faire tamponner les passeports. Autant dire qu’ils ont bien fait de ne pas l’appeler « pont de l’amitié Franco-Lao » ce maudit pont qui nous oblige à démonter jusqu’à la roue avant de nos vélos pour les embarquer dans un bus, moyennant à nouveau 125 Baths chacun (3 euros) . Décidément, cette première journée en Thaïlande fut bien difficile. Heureusement nous croisons sur la route un drôle de personnage, Fred, un monument de prétention à lui tout seul, un moulin à paroles, le genre de type capable de déblatérer des pages et des pages sur sa vie sans poser la moindre question à son interlocuteur. Il a une bonne tête pourtant notre copain Fred qui nous aborde sur son scooter juste avant la pause déjeuner, de bonnes joues, une petite bedaine de quarantenaire bien amicale. Mais lorsqu’il nous annonce qu’il a voyagé lui aussi 10 ans à vélo tout seul, là nous savons déjà qu’il s’agit d’un drôle de type. C’est le troisième de ce genre que nous rencontrons sur les routes et à chaque fois nous sommes convaincus de la même chose : Ces types sont resté bien trop longtemps seuls, sans aucune vie sociale, ils en deviennent socialement débiles. Et oui, en 10 minutes, nous savons tout de sa vie, son âge, son nom, sa ville d’origine, ses anciens salaires !!! Quant à lui, il repart sans nos noms, ne sais pas où nous allons ni d’où nous venons, est très fier d’avoir fait plus de km que nous, d’avoir grimpé de plus hautes montagnes que nous, il a laissé une impression, il a prouvé quelque chose.Nous, nous avons surtout l’impression qu’il a prouvé qu’il était con ! 



Ils nous font toujours bien rire ces cyclos complètement perdus, lui en particulier nous redonne la pêche après cette rude ascension. Mais attention, pas plus d’un an ! Rentrons vite avant de devenir comme lui. (là on croise un peu les doigts pour qu’il ne trouve jamais notre blog J ) Nous passons une première nuit à Mae Chan. A l’étage d’un petit restaurant, dans un grenier tout en bois que la patronne nous met à disposition pour une nuit, nous retrouvons là l’accueil si chaleureux des Thaï que nous avions laissé le temps de découvrir le Laos. Un détail à cependant changé l’atmosphère qui règne dans le pays. Vous avez dû le lire quelque part, pendant notre absence, l’armée a fomenté un coup d’Etat et pris le pouvoir en une soirée sans une quelconque opposition de la population. A croire que les Thaïs ont l’habitude. En effet sur les 80 dernières années , le pays a connu en moyenne un coup d’Etat tous les quatre ans ! Ici, la démocratie n’a pas la même importance que chez nous. En Thaïlande, le principal, c’est l’ordre et l’unité nationale, alors du moment que ces deux piliers tiennent debout, on ne se plaint pas. Des gens en chemise jaune

s’opposent à d’autres types en chemise rouge. Finalement pour les thaïs, ce n’est rien de plus qu’un épisode de Kho Lanta !
 Un point marque toutefois le pays, ces derniers jours : le couvre feu… Plus personne dans les rues entre  22 heures et 6 heures du matin ! Cool, la Grande Echappée gagne une heure de sommeil ! Et pour ce qui est de 22 heures, il y a bien longtemps qu’on est couchés à cette heure-là. Une heure de dodo en plus, certes, mais par conséquent une heure sous ce soleil brûlant en plus.. Nous passons ainsi une nouvelle étape sous plus de 40 degrés et terminons à Mae Suaï plus rôtis que des poulets. Finalement, seuls les moustiques se risquent à venir dévorer notre peau cramée. C’est sous cette chaleur que nous traversons Chang Raï puis visitons le morbide Temple Blanc, une vingtaine de km plus au Sud. Entièrement peint de blanc, ce temple a pourtant tout d’une bien sombre création architecturale. Avant d’entrer dans le temple, le visiteur doit traverser plusieurs bassins remplis de mains blanches semblant sorties de terre et agitant entre leurs doigts des dizaines de crânes humains. Dans les bassins, des monstres à l’apparence de dragons sortent de l’eau serrant entre leurs dents les restes de leurs victimes humaines. D’immenses défenses d’éléphants sortent du sol, comme si d’un coup la terre allait se réveiller. Mais en vain, tout ici inspire la mort et rappelle les vivants à la terre. Pourtant, l’ensemble est d’une grande beauté et la richesse des détails sculptés donne vie à ce tableau funèbre. 


On approche du millier de fan Facebook
et ça se voit!!


THE White Temple

Sans doute plus à l’aise dans une église, nous tentons notre chance ce soir-là dans l’internat Catholique de Mae Suaï. Et la chance nous sourit. Le père Luigi, un italien d’une 40aine d’année installé ici depuis huit ans nous accueille chaleureusement. N’allez pas vous imaginez qu’il s’appelle vraiment Luigi, simplement nous n’avons jamais su son nom, et Luigi ça collait bien au récit. Notre hôte nous propose une salle vide où nous pouvons camper sans problème et repartir le lendemain à 6 heures. Nous quittons l’abominable route nationale 1, la principale du pays que nous avions emprunté sur quelques km pour rejoindre la 118 qui s’enfonce un peu plus dans la nature des environs de Chiang Maï et est nettement moins encombrée. Après 40 km, nous nous arrêtons boire un coup au SevenEleven, notre QG.



La maison de Luigi


L'heure de la messe a sonné pour Alex, apôtre fidèle du 7 Eleven

 A partir de là, 3 itinéraires possibles s’offrent à nous. Il nous faut choisir, mais les avis discordent. Alex et Vincent s’accordent sur une route assez sauvage un peu plus vallonnée que la 118 que Côme décide de continuer, lui permettant d’atteindre un peu plus tôt Chiang Maï . Chose inédite dans ce voyage, nos routes se séparent ! N’allez pas imaginer que Côme a perdu la tête depuis qu’il a failli se faire dévorer par un guépard. loin de là. Non, c’est simplement l’occasion pour lui d’expérimenter le voyage en solitaire, depuis le temps qu’on en parle, et pour Alex et Vincent de s’aventurer sur une autre route. Et Côme l’avoue, Il a surtout hâte d’atteindre Bangkok et en a un peu sa claque des routes asiatiques. Avant de partir et de leur souhaiter bon courage, il leur lâche :
-Au fait, vous l’avez vu l’énorme serpent écrasé il y a une demi heure ? Un Bungare rayé jaune et noir, ou Kraït Asiatique. Un serpent extrêmement dangereux mais assez peu agressif. Oui, comme le dit un proverbe Thaï : « le Kraït ne mord jamais, mais s’il le fait, tu es mort… »

Nous nous séparons sereinement, décidés à en découdre avec deux ultimes étapes asiatiques qui s'annoncent terribles. Vincent et Alex s'élancent sur une petite route départementale prometteuse qui doit les amener en 40 km à Phrao, où ils espèrent trouver un toit. 40 km, une petite après midi en soi, une broutille, une promenade de santé. Pourtant au bout de quelques kilomètres la pente se fait, un peu plus raide, puis un peu plus encore, et encore, et encore,jusqu'à devenir un mur impressionnant à bien plus de 10%. Mais c'est pas possible, même à pied on risquerait son cœur à grimper une chose pareille ! Alors cette fois, pour la première fois depuis le début de ce voyage, le guépard a enfin eu raison de nos deux pauvres gazelles qui s'effondrent avant le sommet, à bout de forces. Avec le temps, il commençait à avoir faim le pauvre vieux.( pour les cancres qui ne lisent qu'en diagonale, ceci est une métaphore filée qui a commencé au début de l'article). C'est à bord d'un pick up réquisitionné sur la route qu'ils arriveront au sommet de ce monstre avant de rejoindre leur village étape. La suite jusqu'à Chiang Mai sera plus reposante. 





Un Mango Shake pour la 8 s'il vous plait!


De son coté Côme repart aussi la fleur au fusil, heureux mais pas si serein de s'aventurer seul sur ces routes . Il repart après un déjeuner en solitaire, certain de trouver un logement dans les 20 prochains kilomètres. Mais rapidement la route s'enfonce dans un épais parc national et abandonne l'agitation des villages pour la plus parfaite quiétude de la jungle. Les lacets s’enchaînent et la route s'élève dans la montagne, de façon plus raisonnable heureusement. Mais après une vingtaine de kilomètres de montée, trois essorages de t-shirt et des dizaines de serpents écrasés, le sommet apparaît enfin. Ça redescend, ça remonte, ça n'en finit pas et la route reste déserte, pas le moindre village à l'horizon. « dans 20 bornes je suis sûr de trouver un spot où dormir » disait-il, incorrigible optimiste. 40 km, 50 km, la nuit tombe, toujours rien.. C'est finalement 60 km plus tard qu'il atteindra enfin Roi Sakhet au terme d'une étape de 130 km qui devait en faire 85 grand max. Le village est à taille humaine, plein de charme, mais encore une fois, pas la moindre Guest House, pas une Eglise ou un plan potentiel pour dormir. C'est alors qu'arrive Shannon, un américain du coin sorti d'un gros 4x4, le héros du jour. Shannon accepte d'abord d'offrir à Côme une place chez lui pour passer la nuit, retourne à sa voiture, réfléchit un instant puis retourne le voir alors qu'il s’apprêtait à le suivre jusqu'à chez lui.
-Mais attend, de toute façon tu comptes aller à Chiang Mai demain j'imagine ?

-Oui, dit Côme, qui sent déjà le miracle arriver.
-Bah viens, grimpe, je t’emmène tout de suite, je dois y aller !
-Jackpooooot !

C'est donc Côme qui sort vainqueur de ce match à distance et arrive un jour plus tôt à Chiang Maï que ses deux compères. Un match qui finalement s'est révélé bien difficile pour les deux camps. Et c'est avec mérite et brio que notre trio achève enfin son échappée asiatique, ici à Chiang Maï, deuxième ville de Thailande. 2000 km tout rond !

En effet, le temps nous manquant, la route n'ayant ensuite plus le moindre intérêt, nous décidons de rejoindre Bangkok par le bus. En attendant, nous jetons l'ancre dans le centre historique de Chiang Maï, dans une petite Guest House au fond d'une des dizaines de ces petites ruelles fleuries qui font tout le charme de la ville. Deux jours de repos au programme. Deux programmes différents. Côme apprend au dernier moment l'arrivée de ses deux copains Joséphine et Gaëtan, deux joyeux lurons de passage en Thailande, et décide de partir deux jours avec eux pour un trek dans les montagnes. Au programme : retrouvailles, embrassades chaleureuses et blagues vaseuses, mal de crâne dans un tuk tuk lancé à toute berzingue, marche, promenade en éléphant, pillage clandestin d'une plantation de litchis, marche dans la jungle, rafting, baignade dans des cascades d'eau claire, et bivouac parfaitement pittoresque dans un micro village Thaï au terme d'une ultime marche. Nous retiendrons un dialogue causasse entre les deux tourtereaux, fraîchement arrivés au sommet :
« Gaetan, tu t'imagines que nous, on est là pour 24 heures seulement, mais que ces petits villageois sont là pour la vie ?! »
« tu vois Joséphine, c'est cette sensibilité que j'aime chez toi ! »
Bah oui, vous croyiez qu'elle allait tomber dans l'oreille d'un sourd celle-ci ?! La rédaction de La Grande Echappée n'en rate pas une.



Un éléphant ça trompe énormément


la nouvelle pub pour shampoing Thaïti




Joséphine VS Wild 

Vincent et Alex, eux, préféreront la chaleur de la ville pour reposer leurs jambes meurtries, pratiquer leur sport préféré, ne rien faire, assassiner deux ou trois mots croisés et sortir le soir assister à un terrible match de boxe Thaï dans une ambiance brûlante, une expérience dont ils se rappelleront. Ils se rappelleront surtout qu'un Thaï, qu'il ait 25 ans ou même 8 ans, et bien tu ne l'EMBETES pas !




Ainsi nous arrivons à Bangkok, capitale de la modernité en Asie du Sud Est, célèbre pour son bouillon culturel permanent, son dynamisme, véritable Eldorado des jeunes fêtards en voyage, plus tristement aussi capitale du tourisme sexuel. C’est bien ici que nous débarquons nos vélos, un peu intimidés par ce fourmillement comme souvent lors de nos arrivées dans les capitales. Bangkok sort du lot des villes d'Asie du Sud Est. Ici la route passe au dessus de nos têtes, le métro sous nos pieds, et il faut lever les yeux au ciel pour apercevoir le sommet de certaines tours ultramodernes du quartier des affaires, donnant à ces lieux des aspects futuristes. La modernité semble être le maître mot, le moteur de la vie branchée des Thais de la capitale. Le modèle américain habite chaque rue, chaque magasin, Bangkok se tourne vers le futur. Néanmoins la tradition n'est pas loin. Des nombreux temples dont le célèbre Wat Pho décorent la ville de leurs dorures, les taxi lâchent le volant pour tirer leur révérence au passage devant le Palais Royal et l'ambiance caractéristique des rues animées par une joyeuse anarchie continue de faire le charme de cette métropole gigantesque. Nous répartissons nos vélos chez deux hôtes de choix que sont Fanny et Ariane. 


Quand on vous disait qu'ils ne rigolent pas


Kao San, à Bangkok

Fanny, est une amie de l’ESCP de notre année en échange à Bangkok, c’est également, si vous avez suivi nos aventures péruviennes, grâce à Elle que nos amies Florence et Alizée sont à Lima. Elle a en effet fondé cette association (Women take the Micro) qui envoie des étudiants en mission autour du monde pour aider des femmes entrepreneurs. C’est un peu compliqué. Bref, retenez que Fanny est une fille super ! Ariane fait partie de ceux qui ont décidé de partir s’expatrier en stage en Thaïlande pour 6 mois. Quelle drôle d’idée, me direz-vous, dans un pays où l’on se couche à 22 heures ! On dit aussi qu’elle adore les ours noirs d’Asie, c’est sans doute la raison pour laquelle elle accueille Côme, ses grandes paluches et sa grosse barbe brune. Bref, encore une fois, une fille super ! 


On vous présente FANNY


Et ARIANE

Bangkok vous l'aurez compris marque la fin de notre aventure asiatique. Nous prenons à présent un dernier avion qui nous mènera jusqu'à Helsinki en Finlande. De là c'est simple, c'est tout droit, jusqu'à Paris ! Car oui c'est officiel cette fois-ci, nous rentrons pour de vrai, et précisément le 11 Juillet 2014 ! (On vous attend nombreux sur le Champ de Mars)
En attendant, nous profitons de nos derniers jours au royaume de Siam pour nous autoriser une petite virée sur la côte, accompagnés de toute notre fine équipe. A Ko Sameth, nous mettons les pieds dans le sable, les ressortons bien vite car là aussi il est brûlant et rafraîchissons nos petites frimousses dans cet Océan Indien que nous retrouvons pour la deuxième fois. Nous imaginons, à quelques encablures, les côtes colorées du Mozambique. 

En thaï, Ko, ça signifie île. Il y a tout un tas de Ko sur la KOte sud du pays, Ko Lanta bien sûr, mais également Ko Phi Phi ou Ko Tao, sans doute Ko Ruption aussi. Voila chers lecteurs, sur cette blague si Ko Mique, c'est depuis le sommet d'un cocotier géant que nous vous disons à très vite ! D'abord dans les forêts nordique, mais surtout sur les pelouses du champ de Mars, face à une autre grande et belle TOUR DU MONDE !J'oubliais, gardez un oeil sur notre onglet "VIDEOS", la petite dernière est dans les tuyaux :)


Oups, désolé pour ceux qui bossent en ce moment..




Retour à Bangkok, ça sent la rentrée des classes

Une première incursion en territoire Thaïlandais: de la frontière Cambodgienne à la frontière Laotienne, 650km en 5 jours...

     Nous vous avions donc laissés aux portes du Royaume de Siam. 5h, le réveil sonne. « Les gars, c’est l’heure de se tailler en Thaïlande ! » Comme toujours, la journée commence dans la bonne humeur ! Non, en vrai, aucune personne normalement constituée ne peut faire de tels jeux de mots pourris à 5h du mat… Nous enfilons nos shorts et nos baskets et mettons le cap sur la frontière. Mais passer du  Cambodge à la Thaïlande, ça se mérite… La frontière est nichée en haut d’une colline. Et même nos cuisses affutées par des mois de vadrouille dans les Andes ont du mal à nous mener au sommet. Oh, rien de très long… Mais quelle pente ! Nous sommes presque obligés de zigzaguer pour ne pas s’arrêter et dévaler la pente en arrière (cascade que l’on ne maîtrise toujours pas). Arrivés au sommet, Alex retire son t-shirt et l’essor pour en extraire le demi-litre de sueur accumulé. Le tout devant le douanier, quel toupet ! Précisons qu’il n’est alors que 7h du matin et que le mercure affiche déjà les 30 degrés ; « Au moins ! » rajoutera Alex qui a toujours chaud.

Alex, en eaux, à 7h du mat

    Notre tampon Thai en poche, nous remontons sur nos bicyclettes. Ici, on roule à gauche et nous ne le savions pas. Pour un peu, l’un d’entre nous aurait presque engueulé le premier automobiliste qui passait par là ! Mais bon,  nous sommes des gens civilisés et réfléchis : nous nous rabattons donc sur le côté gauche de la chaussée. Et quelle chaussée ! L’asphalte y est bien  noir, bien lisse, les bandes bien dessinées… Nous apprécions donc déjà un certain nombre de différence avec le Cambodge. Nous profitons de cette belle route qui nous ferait presque nous sentir de retour en Europe. Après 40km roulés nous nous arrêtons pour acheter une belle pastèque. Toute en finesse, nous sortons nos gros dollars qui étaient monnaie courante dans le pays voisin. Loupé, ici c’est le Bath (monnaie thaïlandaise) et seulement le Bath ! « Alors les touristes, vous êtes bien mignons mais vous allez voir ailleurs si la pastèque y est ! » croyons nous comprendre avec nos rudiments rudimentaires de Thai. Résultat des courses (enfin des « non courses » plutôt), nous devons parcourir 30km de plus pour atteindre une ville de taille décente où nous pourrons tirer de l’argent. C’est chose faite. Ensuite, nous atterrissons dans un petit resto de rue où, pour trois fois rien, nous nous rafraichissons d’eau glacé et de Coca-Cola et dévorons un gros plat de riz et de poulet rôti.

Nous faisons connaissance avec le roi du royaume de Thailande

    Suite à quoi, direction un petit square pour la sieste quotidienne. Mais Alex ne trouve pas le sommeil : son esprit reste troublé parce qu’il a vu quelques instants plus tôt, un supermarché ! « Allez les gars, moi je pars visiter… ! » 30 minutes plus tard, il revient de la caverne d’Ali baba avec 4 paquets de gâteaux et un gros gobelet de café glacé. Après un bref reporting fait à Côme et Vincent sur les prix et produits du magasin, la  décision est unanime : 7eleven, nom de cette fameuse chaine thaïlandaise, sera notre QG ! Nous poursuivons ensuite notre découverte de la Thaïlande. Nous trouvons ce pays très développé. Il est un peu à l’Asie du Sud-Est-ce que l’Afrique du Sud est à l’Afrique : ici des gros pick-up, là des superettes ouvertes 24h/24 où l’on trouve des grosses tireuses de Soda, là un KFC, ici une quatre voies … Ce n’est pas désagréable mais c’est tout de même moins pittoresque que le Cambodge. Il ne faudra donc pas hésiter à prendre les petites routes pour retrouver ces rizières que nous avons maintenant adoptées.

La Thailande, Happy Land d'Asie du sud est

      Le soir,  nous faisons étape à Si Sa Ket. Notre recherche d’hôtel nous amène à traverser un petit marché, très fréquenté en ce dimanche soir. Nous klaxonnons, zigzaguons pour nous frayer un chemin quand tout à coup, le temps s’arrête ! La foule s’immobilise net au son d’une musique, diffusée dans toute la ville. « Euh, qu’est-ce qu’ils font là ? C’est un Flash mob ?» Non non, c’est juste l’hymne national thaïlandais qui retentit, comme tous les jours, à la même heure. Du coup, on s’arrête aussi pour éviter de mettre les pieds dans le plat. En parlant de plat, le soir, au diner, Côme se met à pleurer… Oh ne vous inquiétez pas, rien de grave. Il a juste choisi la soupe la plus épicée de la carte : « Bah alors Côme, t’as le piment qui te monte au nez… ? » ricanent Vincent et Alex qui sont bien contents que Mister Spicy fasse un peu le moins le malin pour une fois. A 21h, nous nous endormons en repensant à cette journée pleine de découvertes.



     Lundi matin, 5h : le réveil sonne. Comme tous les matins, Vincent chante sur la musique du réveil matin. En Amérique du Sud c’était Grease, maintenant c’est Lemon Tree de Fools Garden. Dans tous les cas, l’interprétation matinale de Vincent n’est pas jojo ! Heureusement, il s’arrête assez vite de pousser la chansonnette lorsqu’il se souvient pourquoi il est là. « Ah putin, je veux pas faire de vélo ! ». Pendant ce temps-là, Côme répète infiniment la même phrase : « Allez debout les gars ! ». Sauf que lui, il reste couché… Et Alex ? Alors lui c’est encore un autre style. Déjà il faut le localiser. Il termine bien souvent sa nuit hors de la chambre, dans le couloir de l’hôtel, comme un clochard sur son tapis de sol. Motifs : trop chaud dans la chambre, attaque de moustiques, attaque de puces de lit… Du coup, c’est cool parce qu’il a toujours plein de trucs « captivants » à raconter sur sa nuit. « Tu sais Alex, sinon la nuit tu peux aussi faire comme nous… dormir ! »

En Thailande, les routes ont même des bornes kilométiques
     Bref, on se lève tant bien que mal et on décolle pour le petit-déjeuner. Devinez où ? Chez 7eleven. Quand je vous disais que c’était devenu notre QG ! Des petits biscuits, des yaourts et des bun (sortes de beignets farcis à la viande, spécialité d’Asie du Sud Est), de quoi faire le plein d’énergie pour la matinée. Et on en a bien besoin d’énergie car nos journées sont très riches en km. Nous ne disposons que de peu de temps en Asie et il y a plein de choses à voir ! Du coup, nous faisons entre 110 et 120km par jour. 70 le matin et 40 ou 50 l’aprem. En ce lundi midi, nous faisons notre pause à l’ombre d’une petite cabane resto, tenu par une très bonne cuisinière. Elle est très gentille, très souriante même si elle essaye de nous faire payer le double de l’addition. Ça fait partie du jeu ! Pendant cette pause, Vincent et Côme regardent Indiana Jones pendant qu’Alex essaye de rattraper sa nuit.  Vincent, qui se prend pour le héros de l’arche perdue tente de communiquer son enthousiasme à Alex en imitant le bruit et la gestuelle du lancer de lasso. «  Tatalata tatata, Tatalata tatatatata  ». Résultat mitigé sur Alex qui est un peu ronchonchon au réveil de la sieste.
Le soir, nous arrivons à Suwannaphum. Et le petit hôtel où nous atterrissons est d’ailleurs plus mignon que le nom de la ville. Des petits bungalows, des petits chats et des petits prix…Un peu excentré et très calme, c’est l’endroit parfait pour que Vincent nettoie son vélo, que Côme Facebooke en paix et qu’Alex passe un entretien. Un entretien ? Bin ouai, il prend son avenir en main le petit. En fait, il cherche un apprentissage pour l’année prochaine. Du coup, c’est en short/tongues et barbe de 30 jours qu’il se branche sur Skype. « Allez Alex, je te trouve très beau pour cet entretien. Moi je t’embauche direct » l’encourage Vincent. Affaire à suivre donc…

Alex et Vincent étudient méthodiquement la carte Michelin
A 5h, le lendemain matin, Alex fabule encore sur sa nuit.
« Eh les gars, vous avez entendu hier les prostituées qui sont venues racoler à notre porte ? Il y en avait une trop flippante, c’était un mec je crois ! »
« Oui c’est ça Alex… Après les puces de lit, les pu*es. Mais encore… »
Les matins s’enchainent et se ressemblent. Nous filons au supermarché ingurgiter notre petit dej et nous revoilà sur la route. Comme souvent le matin en Asie, Côme caracole en tête, il faut dire qu’il est en pleine forme en ce moment. Toujours devant et ne rechignant jamais à faire plus de km. « Venez les gars on fait les 230km qui nous séparent de Ventiane en une journée et le jour d’après on dort toute la journée » aurait-il proposé un matin. Vincent et Alex n’ont pas jugé bon de relever. Alors d’où lui vient cette forme olympique : du régime alimentaire 7eleven ou de sa sacoche en mois qui allège son vélo, sacoche oubliée au Vietnam par notre Jean de la lune national ?

Quand on vous disait qu'il était en forme le bougre...!

     Aujourd’hui il fait gris ce qui adoucie la température pour notre plus grand plaisir. Nous profitons de la beauté du paysage. La campagne thaïlandaise, ses rizières et ses petits foyers de feux propres à la culture sur brulis et qui dégagent une épaisse fumée au loin. Les odeurs et les paysages nous replongent par certains aspects sur les routes africaines. La faune elle aussi nous séduit : des petits serpents qui traversent la route, des chiens qui aboient sur notre passage et de belles têtes de bétails, béThai (désolé) tels que des buffles aux grandes oreilles qui donnent à ceux-ci un air idiot et très attendrissant. Et nous aimons aussi beaucoup le contact que nous avons avec les Thaïlandais. Il n’est pas rare de se faire arrêter par des automobilistes qui veulent prendre des photos avec nous.


Allez les gars, on sort notre plus beau sourire !

Vous remarquerez que les gars font plus d'efforts quand il s'agit de nanas...
   
      La Grande Echappée est donc heureuse mais La Grande Echappée a également tendance à s’ennuyer car le paysage ne change pas beaucoup. Heureusement que nos MP3 sont là ! Nous terminons cette nouvelle étape de 110km et quelques dans la ville de Yang Talat.




Nous non plus, on ne sait pas trop pourquoi Côme s'est foutu un drapeau français dans la bouche pour la photo...

     Un petit hôtel à l’entrée de la ville attire notre attention. L’endroit est charmant mais les prix un peu moins. Nous demandons donc à pouvoir dormir dehors. La patronne ricane mais elle est d’accord. Avec la tombée de la nuit, nous comprenons ce qui amusait la propriétaire : le domaine est bordé d’un étang et une horde de moustique mutants et belliqueux, piquant à travers les vêtements, fait son apparition. Nous ne pouvons pas dormir dehors, il faut trouver une solution. Hors de question de dormir sous la tente avec cette température ! On adresse nos inquiétudes à la patronne concernant les moustiques et celle-ci nous ouvre sur le champ une chambre grand luxe, climatisée : « Free for you, freeeeee ! » C’est le Jackpot pour la Grande Échappée qui va passer une des plus belles nuits du voyage. Au réveil, Vincent avait même chopé la crève. C’est pour vous donner une idée de la puissance de la clim ! Alex a lui dormi d'une seule traite et n'a rien à raconter au réveil. Vous vous rendez-compte !

T'as une tâche...!
Pas le temps de s'arrêter pour la photo...


Cool en toutes circonstances !
     Le mercredi passe à toute vitesse. Encore une journée qui défile à près de 25km/h. Plus on se rapproche du but, à savoir, de la frontière Laotienne, plus on accélère. La fatigue se fait ressentir. C’est difficile mais sur le vélo, on n’y pense pas trop car il y a toujours quelque chose à penser où à regarder. Aujourd’hui par exemple, nous traversons une région connue pour ses excavations de la période du Jurassique.
« T’as vu Vincent, les gros buissons taillés en forme de dinosaure ? »
« Euh non où ça… ? »
« Là-bas, faut ouvrir les yeux aussi ! »
« Bin je pourrais les ouvrir si on se levait pas à 5h du mat tous les jours ! »
Se lever tôt le matin permet aussi de côtoyer les petits bonzes qui eux aussi commencent leur journée à 5h. Nous les voyons déambuler dans les rues, en files indiennes (du plus grand au plus petit). Ils sillonnent les rues, se positionnent stratégiquement à l’entrée des 7eleven (les supermarchés pour ceux qui prennent l'article en cours) où ils échangent prières et bénédictions contre de la nourriture quelques baths. Ces moines bouddhiques en herbe sont bien sûr vêtus du célèbre Kesa, drap de couleur ocre facile à repérer mais apparemment bien difficile à se mettre sur le dos. On se plaint avec nos nœuds de cravates mais eux, il leur faut un mois pour apprendre à s’habiller tout seul ! Ces petits bonzes sont soit orphelins, soit issus de milieux défavorisés. Les moines s’occupent d’eux puis les bonzinets peuvent choisir de devenir eux-mêmes moines ou de rentrer au village répandre la parole de Bouddha.

Si on avait eu le temps, on aurait viré les fils électriques avec photoshop, veuillez svp faire abstraction...

     Après cette belle journée bien remplie en coups de pédales et routes de campagnes, n
ous arrivons, 120km plus loin, dans la charmante bourgade de Kumphawapi. Kumphawapi, ses singes qui se baladent sur les fils électriques, ses hôtels qui affichent des tarifs à l’heure et surtout son Tesco version Lotus, un supermarché géant qui dispose même d’un Food Court où nous avons passé la soirée. Soupes, riz, burgers KFC, cake à la banane : on avait faim et c’était bien !

Ce macaque ne blaguait pas du tout, le photographe a pris des risques...

Bah tu vois Alex, t'es pas le seul à prendre des coups de soleil...

     Jeudi 8 mai, ce n’est pas férié pour la Grande Echappée ! Pendant que vous vous la coulez douce en France, il y en a qui bossent bon sang ! Pour nous c’est direction Laos… Au programme, 120km de casi autoroute jusqu’à Ventiane, la capitale du Laos.
5h : le réveil sonne.
6h les coqs chantent et se foutent bien de la tronche des trois guignols qui se sont levés 1 heure avant eux.
7h : On a déjà fait 15km
9h : On fait la pause gâteaux et sodas. Certains (surtout Alex en fait) remettent de la crème solaire.

Tu vois Maman, tu peux être fière de toi, ton fils t'écoute !

11h : Au moins 80km au compteur, on cherche un endroit où manger.
15h30 : Après une longue pause faite de siestes, de mots fléchés et de déjeuners (on déjeune souvent 2 ou 3 fois pour être sûr…) on reprend la route pour les dernier km de la journée.
17h : passage de la frontière Laotienne démarquée par le pont qu’ils ont appelé « pont de l’amitié Thailando-Laotien  (pas sûr que ça se dise) »
18h : Ventiane nous voilà !

Le classique: mots fléchés pendant le déjeuner. 
     Le soir, c’est fatigué et heureux que nous allons manger dans le centre-ville et que nous dégustons notre première BeerLao. Excellente ! Nous sommes tellement crevés que ces 640 pauvres millilitres de ce doux breuvage suffisent à nous rendre pompette : Vincent dialogue avec le chat du resto, Côme veut décoller toutes les étiquettes de bouteille de bière pour les coller sur son vélo et Alex verse l’intégralité du pot de sauce pimentée sur son plat. Un carnage…Bon les gars, tout le monde au lit ! Et demain matin grasse matinée pour tout le monde !